‹ Souvenirs du lieutenant général comte Mathieu Dumas de 1770 à 1836Chapitre 58 sur 112 · INSPECTION DES DÉPOTS · texte numérisé non relu

INSPECTION DES DÉPOTS

tion à Montpellier pour embrasser ma sœur, mon oncle Loys et mes cousins; c'est la dernièn' fois que j'aie revu la terre natale : j'allai de là à Aix , à Marseille , à Toulon , à Ântibes , à Nice , à Grenoble, à Lyon , etc. Je fus appelé à Paris pour rendre compte à l'empereur du résultat de cette première partie de mon travail. Je reçus du ministre de l'administration delà guerre, le général Dejean, de justes plaintes sur le désordre que j'avais causé dans l'organisation et la comptabilité des dépôts; mais j'en avais de trop bonnes excuses à produire dans les ordres positifs qui m'avaient été donnés.

Je passai quelques jours seulement avec mes enfants. Je fis réparer mon équipage, et le dirigeai sur Strasbourg. Je repartis en poste pour aller reprendre à Besançon la continuation de mes opérations: j allai à Béfort, à Iluningue, à Strasbourg , où le major général prince de Neucliatel était déjà arrivé , et attendait l'empereur, ('/était vers le 1 5 avril; les troupes commençaient à filer en Souabe ; l'état-major général avait été réorganisé. J'avais pour collègue, comme aidemajor général , le général de division VignoUes: les généraux de brigade Guilleminot et Lecamus étaient aussi employés comme aides-majors. l« général Vignolles était spécialement chargé, comme chef d'état-major, des mêmes fonctions

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que le général Andréossy avait remplies pendant la campagne de i8o5 ; quanta moi, j'avais ordre de hâter mon inspection, toujours en suivant Textrême frontière de l'empire, et d'aller ensuite rejoindre le quartier impérial.

Je partis donc de Strasbourg , et suivis le cours du Rhin par Worms, Mayence, Coblentz, Cologne , Juliers , Wesel , Gueldres , Maëstrich , Bruxelles, Tournay, Lille, Ostende, etc. Je passai en revue, dans les différentes places, tous les dépôts de diverses armes qui s'y trouvaient, continuant toujours les mêmes opérations pour accélérer le départ des détachements d'anciens soldats et de conscrits, suivant les premières instructions que j'avais reçues, et auxqueUes l'empereur n'avait voulu rien changer, tant pour le personnel que pour le matériel. Il n'avait eu aucun égard aux justes observations du ministre de l'administration de la guerre sur le désordre que devait nécessairement porter dans la comptabilité des corps, cet enlèvement inattendu des objets d'habillement, d'armement et d'équipement appartenant à différents dépôts : l'empereur n'avait eu en vue, dans cette espèce de violence, que le moyen le plus prompt d'utiliser toutes ses ressources.

Je passai par Paris et revins à Strasbourg. Ayant ainsi terminé ma mission, je ne perdis pas

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un instant pour me rendre à Tarmée. Je ne m'arrêtai que quelques heures à Lintz, où le prince de Ponte-Corvo (maréchal Bernadotte) , qui commandait le corps d'armée saxon , avait établi son quartier général. J'allai le trouver sur les hauteurs de la rive gauche dii Danube, où ses troupes venaient d'avoir un engagement avec le corps autrichien qui observait cette importante position. En partant de Lintz, je vis les ruines encore fumantes d'Ebersdorff,où s'était livré l'un des plus sanglants combats, dans lequel le général Claparède , que l'empereur avait rappelé d'Espagne , et qui commandait une des divisions du général Oudinot, s'était particulièrement distingué.

J'arrivai à Vienne le 18 mai 1809, et je pris mon quartier chez M. Coyd, banquier, dans la famille duquel j'avais été fort bien accueilli pendant la campagne de i8o5; j'occupai encore cette fois sa maison de campagne à Penzing, près de Scliœnbrunn, qui fut aussi pendant la campagne de 1 809 le grand quartier général de Tempereur Napoléon. Je n'avais avec moi qu'un aide de camp, Magalon, que le ministre de la guerre, général Clarke, m'avait désigné et particulièrement recommandé. Je pris quelque temps après pour second aide de camp un fort bon et brave oflicior, le ciipitaine Stabenrath, frère cl"

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