‹ Souvenirs du lieutenant général comte Mathieu Dumas de 1770 à 1836Chapitre 7 sur 112 · FUITE EN SUISSE · texte numérisé non relu

FUITE EN SUISSE

Comité de salut public de se charger d'une fourniture considérable de bottes et de souliers qui devait être adjugée au rabais. li fit fabriquer des modèles avec lesquels, muni d'ailleurs de bons passe* ports et d'attestations des autorités , mon Sosie se rendit à Paris. Il présenta ses échantillons; ses offres furent acceptées. On apposa le cachet de la commission militaire sur les bottes et les souliers; on visa ses passe-ports, en y ajoutant une recommandation et l'éloge de son civisme. Mon tailleur, homme très-sur, fit pour moi un costume complet parfaitement semblable au sien. On prépara un chapeau, une perruque aussi toute semblable à celle qu'il portait. On lui fit acheter, à mon sellier, ma voiture de voyage. Tout étant ainsi préparé, je pris congé de la famille Girard, dont je me séparai à regret, ne pouvant assez témoigner ma reconnaissance pour les soins généreux dont j'avais été constamment l'objet, emportant au moins cette consolante pensée, que je cessais de les exposer à de périlleuses recherches.

Je partis de Montigny .vêtu en paysan, monté sur un âne, et accompagné par le bon maire Fleurier. Je tournai Paris par Charonne, et je rencontrai mon fidèle J-iiir entre Saint-Mandé et Charenton. Les blés étaient déjà très-hauts. Je me déshabillai au milieu d'un champ et revêtis

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