‹ Souvenirs du lieutenant général comte Mathieu Dumas de 1770 à 1836Chapitre 74 sur 112 · POSITION DE WITEPSK · texte numérisé non relu

POSITION DE WITEPSK

grains , d'y établir des magasins et un grand hôpital.

Pendant ce temps les troupes défilaient; il pressait leur no^rche^ pour prévenir la tête de l'armée russe à Witepsk : mais le général russe Barclay de Tolly occupait déjà la position en avant de cette ville; il avait son avant-garde à Ostrowno, dans une position avantageuse, à la tête d'un défilé, entre des bois qui bordaient la route; cette avant-garde fut vigoureusement attaquée et dépostée par le corps d'armée sous les ordres du prince vice- roi dltalie , soutenu par la réserve de cavalerie du roi de Naples. Cet engagement fut très-vif, «t Ton croyait qu'il y aurait le lendemain une action générale que l'empereur désirait beaucoup. On s'approcha jusqu'à la portée du canon : il y eut un engagement contre l'aile droite de l'armée russe; l'empereur reconnut la position, et fit ses dispositions pour une attaque générale; mais pendant la nuit, l'armée russe évacua la position, ainsi que la ville de Witepsk, où l'empereur établit son quartier général; les Russes se retirèrent dans la direction de Smolensk.

La grande armée française, ayant ainsi traversé toute la Lithuanie, se trouvait en ligne, la gauche appuyée à Witepsk sur la Dwina, et la droite, que formait le corps du maréchal Da-

/jîS POSITION DE WITEPSK.

voiist, à Moïlow, Orcha et Dobrowna sur le Dnieper; rintervalle entre les deux fleuves n'était guère que de quinze k dix-huit lieues d'un pays découvert et bien cultivé; toute la partie de la Lithuanie sur la haute Bérésina était sur nos derrières et pouvait fournir d'abondantes ressources; les troupes étaient très-fatiguées; les moyens de transport appartenant à l'armée étaient déjà désorganisés; la cavalerie avait perdu beaucoup de chevaux ; les chaleurs, excessives dans ces contrées pendant les longs jours d'été, causaient beaucoup de maladies; les ressources pour l'établissement des hôpitaux, qu'on ne trouve guère que dans les grandes villes ou les pays très-peuplés, devenaient plus rares et plus difficiles de jour en jour. La position générale de l'armée française était très-forte comme défensive, puisque l'ennemi ne pouvait hasarder de s'avancer entre les deux fleuves (la Dwina et le Dnieper) sans être attaqué par ses flancs, et que la cavalerie française, encore si belle et si nombreuse, pouvait manœuvrer facilement dans les plaines qui se trouvent dans cet intervalle.

Ces divers motifs déterminèrent d'abord Tempereur a s'arrêter à Witepsk pour donner le temps aux divers corps d'armée d'arriver et de s'établir sur la ligne; et s'il est vrai qu'il hésita à se porter plus en avant, ces mêmes motifs du-

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