DÉPART DE MOSKOU
même faire chauffer pendant la marche. Mon gendre, le baron de Saint-Didier, mon ami (îombes, et tous ceux qui m'étaient attachés, m'entouraient de leurs soins. Le frûid s'était tout à coup élevé jusqu'à i6 et 17 degrés; je ne le ressentais point, et on craignait de me laisser respirer l'air extérieur. Le docteur Laubert proposa de m'appliquer, sur le point de côté, un large vésicatoire qu'il m'avait préparé ; le baron Desgenettes s en défendait, parce qu'il ne croyait pas qu'il fôt possible de lever et. de panser ce vésicatoire. Il céda pourtant aux instances du docteur Laubert, et décida que, quel que fût l'effet lu vésicatoire, on ne le découvrirait pas. Vingtpiatre heures après cette application je fus souâgé , et la nature fit le reste.
Les grands équipages du quartier général ayant
lu s'arrêter dans un village, le jour même de la
lataille de Malojaroslawetz, je fus transporté
lans une petite baraque où l'on me dressa im
it. Jetais d'une extrême faiblesse, et je pus jouir
le quelques heures de repos. C'était au moment
fiêmeoù Tempereuretson état-major, accourant
ers le champ d^ M^Ue, furent enveloppés par
n hourra de Goifll^es qui s'étaient jetés sur les
errières. Nous étions alors presque entourés;
lais nous fumes promptement dégagés par une
ivision d'infanterie qui prit position au delà du
46o COMBAT DE MALOJAROZLAWETZ.
village y et qui fut bientôt soutenue par quelques escadrons de la réserve de cavalerie.
Le sort de la grande armée se décidait k Malojaroslawetz : quoique l'avantage, dans cette sanglante affaire, fut resté au corps d'armée du prince Eugène , qui combattit avec la plus grande valeur, l'empereur Napoléon renonça à poursuivre l'armée russe qui se repliait sur ses renforts, du côté de Kalouga, et jugea préférable de reprendre l'ancienne route de l'armée, par Ghiatz et Wiasma : cette contre-marche retardait de deux jours le mouvement de retraite sur Smolensk. On aurait pu prendre une route intermédiaire pour gagner Smolensk par Elnia; mais l'empereur jugea sans doute qu'en suivant une direction trop rapprochée de l'armée des Russes il donnerait au général Kutusow trop d'avantag(' pour des attaques de flanc.
Dans la seconde journée de cette marche rétrograde, nous traversâmes le champ de bataille de la Moskowa. J'avais continuellement sous les yeux la carte générale de Russie, assez exacte pour les cours deau; et comme ces indications me suffisaient pour conjecturer les mouvements respectifs des deux armées, d'après la configuration du terrain que je pouvais présupposer avec beaucoup de vraisemblance , je faisais de tristes réflexions sur les obstacles multipliée que nous