HF LUTZEN
* ' manœuvre et la élites par le Il jour- • lier de»
(issenfeU^ mes devoirs . une forte conjni se mettre en lire : il voulut bien manœuvres et ses at- <« lit décidé du succès de >, me dit-il, que des bais, et j'ai lieu de m'en félicij'eusse pu faire la même cbose \ grenadiers de la garde. J'ava»
us meilleures troupes des ennenûs, .irde prussienne; nos plus braves gre* ., après avoir échoué deux fois, n'au* ' |)(Hit-étre pas emporté le village, mais u ramené cinq fois ces braves enfants, . i' >i)t la docilité, et peut-être ausM Finexpérience , m <»nt mieux servi que des courages éprouvés; rinianterie française n'est jamais trop jeune. » Quoique les trophées de la victoire de Lutzen e consistassent qu'en un petit nombre de pri- >iniiers, quelques pièces d'artillerie démontées une grande quantité de fusils laissés par l'en* >mi sur le champ de bataille avec leurs smrts
5oO BATAILLE DE LIJTZE^f.
et leurs blessés, les conséquences de cette bataille furent très-importantes; le plan offensif des alliés fut entièrement déconcerté; ils avaient attaqué l'armée française et l'avaient réellement surprise en marche; ils furent étonnés de rencontrer une si vive résistance, et de la vigueur des attaques de troupes qu'ils croyaient ruinées et désorganisées par les revers de la dernière campagne; ils perdirent beaucoup d'hommes : l'infanterie de la garde prussienne fut presque entièrement détruite; leur nombreuse et belle cavalerie ne put, à la fin de la journée, rétablir le combat ; toutes ses charges échouèrent contre les carrés formés par les corps du maréchal Marmont et du général Bertrand, qui arrivèrent à temps pour former l'aile droite et soutenir le maréchal Ney. Cette cavalerie couvrit ensuite h retraite précipitée de l'armée alliée, qui évacua toute la partie de la Saxe en deçà de l'Elbe, et repassa le fleuve. Napoléon donna au prince Eugène le commandement deson avant-garde, et suivit sur la direction de Dresde le gros de l'année qui, pendant la nuit et la matincedu lendemainde labataille, avait gagné une marche. Lecorpsd'arméedu maréchal Ney et une partie de la réserve de cavalerie furent dirigés surTorgau : le maréchal devait y passer FElbe et remonter la rive droite pour tourner la droite de l'armée alliée; mais h
MARCHE SUR DRCSDE. Soi
défection du général saxon Thielnian, aide de camp du roi^ livra cette place aux alliés, qui Fabandonnèrent après avoir coupé le pont.
Je suivis le mouvement du quartier impérial; larmée, satisfaite d'un premier succès, marcha avec ardeur et en très-bon ordre; nous arrivâmes à Dresde que l'ennemi venait d'évacuer; il occupait encore en force le grand faubourg •de Neustadt, et avait établi des postes et plusieurs batteries d'artillerie tout le long de la rive <lroite.
Quelques heures après son arrivée. Napoléon, 4iprès avoir reconnu les points les plus favorables pour exécuter un passage de vive force, fit établir une forte batterie au-dessous de la ville vers l'extrémité du faubourg de Frédérickstadt. Cette vive canonnade avait pour objet de déterminer l'ennemi à évacuer Neustadt, mais il s'y maintint et s'obstina à défendre les accès du pont par un feu très-vif de mousqueterie. L'empereur établit son quartier général dans le palais du roi, et vraiment sous le feu de l'ennemi, puisque les Ixilles arrivaient dans les appartements. I.e sur* lendemain de l'occupation de Dresde par l'arma française, les alliés se décidèrent a at^mk/niier la rive droite du fleuve et se retirèrent m$f Wurtzen. ()n travailla avec activité k r^i^lAff h pont, qui avait été coupé par le maréatfMri I}arfm9n4^
5ot2 DIFFICULTES ADMIMISTRATIVKS.
et dont ie8 deux arclies recoiislruiles eii tM>is venaient d'être brûlées.
J'avais reçu Tordre d'assembler U municipalité et d'en exiger des livraisons considérables de vivres; mais le passage et le séjour, et surtout le désordre de la retraite de l'armée alliée, n'avaient laissé dans cette malheureuse ville que de £aiibles ressources, que mes réquisitions, nés efforts, mes menaces , ne pouvaient arracher aux habitants qu'avec beaucoup de peine. Ce pays si fertile était épuisé, et cependant il fallait mettre promptement l'armée en état de marcher à la poursuite l'ennemi et la pourvoir de subsistances pour plusieurs jours. L'empereur me montra très-injustement beaucoup d'humeur des difficultés que je ne pouvais vaincre; il n'admettait aucun obstacle ni du temps ni de la nature des choses à l'exécution de sa volonté; il était pressé de joindre l'ennemi et de Tattaqner avant qu'il fût rétabli. « Je veux, me dit-il, faire de Dresde, A de cette double tête de pont, le centre et le pice vot de mon armée; il faut m'y rassembler asset <( de ressources pour alimenter les troupes pente dant leurs marches et leurs opérations au delà «c de l'Ëlbe; me comprenez-vous?» Je répondis avec précision et sincérité, que je n'entendais pas comment Dresde pourrait devenir une place de dépôt suffisante pour un tel but, m adminis-
MÉCONTENTBMEKIT DE l'eMPEREUR. ^'i
trativement, ni imlitairement. J'étais allé trop loin, sans cloute; Tempereur m'adressa quelques paroles plus que eévères, et me congédia en m'ordonnant de faire appeler le maréchal Dunoc. J'allai rendre compte au prince major général de cette pénible conversation, v Tu fais toujours la ce même Êiute , me dil>il ; tu veux toujours répon- « dre à l'empereur. — Sans doute, répliquai^e, , « et, quand il nous interroge, l'expression franche « de notre iC^>inion est le plus digne hommage que « nous puissions rendre à son génie. » Le grand maréchal Duroc se rendit à mon logement.tc Vous « avez été bien maltraité, me dit-il; mais croyez « qu'au fond l'empereur vous rend justice, j» Le grand maréchal vint avec moi à la réunion de la municipalité et de quelques notables habitants que j'avais fait convoquer; il m'entendit exposer les besoins de l'armée, exiger à tout prix les prestations de denrées, de matériel pour les hôpitaux. 11 prit connaissance des nK)yens que j'employais pour établir et régulariser les services, et alla rendre à l'empereur un compte fidèle et pleinement justificatif.
Peu de jours après, l'empereur ayant fait passer l'Elbe aux divers corps d'armée, contraignit l'ennemi à se retirer vers la Silésie, et, partant de la rive droite de l'Elbe comme d'une nouvelle base d'opérations, il dirigea sur Bautzen le gros de
0O4 MA.RCUE SUR BAUTZEX.
rarmée et ses réserves, tandis que le corps du maréchal Ney et celui du général Laurislon s'élevaient pour déborder la droite des alliés et couper leurs communications avec Berlin. Avant de quitter Dresde , il ordonna de grands travaux pour mettre dans le meilleur état de défense possible cette place à demi démantelée , et qui, dans aucun cas, n'aurait pu soutenir un siège régulier.
Je ne suivis point cette fois le quartier général; l'empereur jugea que le comte Dam, en même temps qu'il remplirait auprès de lui ses fonctions de secrétaire d'£tat, pourrait aussi être chargé de me suppléer dans le service actif. Il m'ordonna de rester à Dresde avec mon administration, dont une petite partie et les agents principaux, tels que les ordonnateurs Daure, Martellère et Marchand, qui, depuis le commencement de la campagne, avaient été attachés à l'intendance générale pour diriger chacun une des principales branches du service, ac* compagnèrent le comte Daru. Je reçus Tordre de rester avec le fonds de l'administration, à Dresde, comme point central et grand dépôt de l'armée, pour former et faire expédier joumellement des convois, afin d'alimenter Tannée dans un pays où il n'était que trop facile de prévoir que l'ennemi ne laisscitiit derrière
BATAILLE DE BAUTZEN. 5o5
lui y en se retirant, presque aucune resëource.
La combinaison des plans de l'empereur et des mouvements des divers corps d'armée pour Fouverture de ce second acte de la campagne au delà de l'Elbe, eut un prompt et plein succès. Les souverains alliés, l'empereur Alexandre et le roi de Prusse avaient rallié leur armée et occupaient près de Bautzen une forte position. Napoléon, comme je viens de le dire, avait ùàt marcher les corps d'armée du maréchal Ney et du général Lauriston par la gauche, de manière à déborder l'aile droite des alliés, dont toutes les forces étaient concentrées. Ils avaient résolu de se tenir sur la défensive, de ne céder le terrain que pied à pied , et d'éviter une action générale jusqu'à ce que les nombreux renforts qu'ils attendaient eussent pu les rejoindre. Napoléon marcha droit sur Bautzen avec le gros de son armée : son aile droite, commandée par le maréchal Macdonald , suivait le pied des montagnes et arriva devant la position de l'ennemi, dont la gauche était fortement appuyée et presque inabordable, |ff cause des aspérités du terrain et des bois.
T^a principale attaque se fit par le centre. Les :orps du général Lauriston et du maréchal Ney, lyant achevé leur mouvement de conversion, arrivèrent à point sur le champ de bataille, atta- ]uèrent avec avantage Tatle droite des alliés.
5a6 MORT DU cistÊH/LL DU HOC.
L'action s'engagea sur toute la ligne, et renneiui, après avoir soutenu pendant toute la journée dt^ attiiques réitérées, fut forcé à la retraite. Son arrière-garde fut vivement poursuivie par Tempe^ reur lui-même avec sa réserve; et ce fut là que le brave général Du roc et le général Kii^eiirr. l'un des généraux les plus distingués de lanue du géuie, furent l'un et l'autre atteints par le même boulet. Kirgener fut tué, et Duroc mortellement blessé. C'était la seconde des plu» sensibles pertes que put faire Napoléon depuis l'ouverture de la campagne, entre ses |>lus fidt-le» compagnons d'armes. Deux jours avant la bataille de lAitzen, le maréchal Bessières, dingeant lui-même une forte reconnaissauce de cavalerie, avait été emporté par un boulet. La mort glorieuse du grand maréchal Duroc lui enlevait l'ami le plus sûr et qu'il afTeclion liait ilavantage, celui dont la loyauté, la noble indépendance et les ccmseils éclairés lui étaient m utiles.
Les pertes de l'armée française dans cette journée furent trèsHv>nsidénibles : plus de six mille blessés, et le plus grand nombre assez légèrement, furent trans|>ortés à Dresde, ou s'y rendileijt vu foule à pied et dans un graud di^«onln*. 1 .es hôpitaux étaient déjà i^emplis ; jVus beaiicou{> «if \}V{ur .1 ni établir de nouveaux et à faire lai*'
SYMPTOMES D£ UÉMOKALJSATION. 5o7
iiux premiers seocMirs indispensables. J'observai avec lin vif déplaisir plusieurs de ces bomnies légèrement blessés; la plupart , jeuœs conscrits récemmeiit arrivés à l'armée, n'avaient pas -élé blessés par le feu de l'ennenii, mais ils js'étaient inutuelleuient mutilés aux pieds et aux makis. De tels accidents et daussi mauvais augure avaient été déjà observés pendant la campagne de 1809. Les rapports particuliers qui -en par» vinrent à l'empereur l'indignèrent. 11 m'interrogea sur les rapports que j'avais reçus et 6ur les vérifications que j'avais fait faire devant moi par les officiers de santé. Je n'eus garde de lui dissimuler une si triste vérité. Il ordonna une enquête, et le rapport spécial qui lui fut fait fut contraire à mes trop justes observations. 11 préféra d'en croire ceux qui, pour faire leur cour, dissimulaient une vérité pénible , mais bien importante dans de telles circonstances.
La bataille de Bautzen^ dans laquelle les alliés,
avaient aussi fait d'immenses pertes, vetiaîl:
li'achever de déconcerter leurs plans .et de les
rejeter dans la haute Silésie. Les renforts ides
[lusses étaient encore sur la Yistule; les milices
)u landwehrs prussiennes se rassemblaient au*
our de berlin; l'armée suédoise était encore en
^oinéranie, et le corps destiné à s'opposer à celui
|ue le maréchal Davoust formait à Hambourg,
5o8 ARMISTICL.
n'était point encore organisé ni en mesure d*a^ir. Le blocus des places de Glogau, de Custriii, de Stettin et de Dantzick, occupait une partie as^a considérable des forces de l'eunemi. Dans cettesituation j l'empereur de Russie et le roi de Prusse, qui comptaient sur l'appui de l'Autriche , proposèrent un armistice : Napoléon l'accepta , san» doute à cause du mauvais état où étaient la plupartdes corps de cettearmée française si précipitamment formée, et parce que les renforts qui! attendait devaient, après quelques semaines de re^ pos, le mettre en état de porter des coups plus décisifs, de s emparer .encore une fois de la capitale des États prussiens et de débloquer les places. U parait qu'il ne doutait pas de la neutralité de l'Autriche, et qu'il espérait que les deux victoires qu'il avait remportées à Lutzen et à Bautzen lui donneraient, dans la négociation de la paix, assez de poids pour qu'il piit en dicter les conditions. Il en fut tout autrement : TAutriche se présenta comme médiatrice armée, et les intrigues de l'Angleterre pour former une quatrième coalition plus formidable que les précédentes, réussirent au delà de ses espérances. Les propositions de l'Autriche furent sincères en ce sens et jus- <|u'à ce point, qu'elle voulait profiter des circonstances pour arrêter les projets ambitieux dv IVni|)ereur Napoléon, recouvrer, pour sou
Ni?cocrATio]ys. 5o9
compte, les provinces qui lui avaient été arrachées en 1809, et rétablir l'équilibre, en bornant l'empire français à ses limites naturelles.
Napoléon considéra cette intervention, cette neutralité armée, comme entièrement hostile. On peut s'étonner, qu'ayant cette persuasion^ il n'ait pas jugé toute l'étendue et l'imminence du danger, et qu'il ait pu douter un instant que la coalition g^énérale ne fût éventuellement conclue. 11 pouvait en prévenir les conséquences désastreuses par de faciles sacrifices , eût-il même dissimulé son ressentiment pour en ajourner l'éclat.
Tout le temps de l'armistice fut employé, avec la plus grande activité, à restaurer les corps de l'armée. Les négociations rouvertes à Prague traînaient en longueur; les communications verbales du prince de Metternich et du comte de Bubna à Dresde ne faisaient qu'aigrir et irriter de plus en plus le vainqueur de Lutzen et de Bautzen. T^es immenses apprêts que faisaient les coalisés, le rassemblement de l'armée autrichienne sur la frontière de Bohême, tout annonçait un orage qu'il serait plus tard impossible de conjurer; mais rien n'ébranla la résolution de Na|)oIéon : il ne voulait rien céder; il refusait de poser le premier les bases des préliminaires, par lesquelles il se serait trouvé engagé à favo«
JIO FORTIFICATIONS DK UHESDK.
riser les réclamarions de rAiitriche, et à renoncer à ses projets de vengeance contre la Pnisse.
Notre situation à Dresde était précaire rt dangereuse si FAutriche se déclarait et joignait toutes ses forces à celles de la coalition. Noih avions presque achevé d'épuiser le pays; toutes les parties du service de Famoée étaient en souffrance et particulièrement celle des hopitaui. L'empereur s'obstma à faire de cette mauvaise place de Dresde à demi démantelée, entourée de grands faubourgs ouverts et plus con^îdéraUes que la ville, et bâtis jusqu'au pied des remparts, le pivot de ses opérations sur les deux rives de TEIbe. Il fit enceindre les fauboui^s d'une palanque ou palissade, construite avec des troncs de sapins; il fit élever de fortes redoutes en avant de cette palanque. Dans la suppositioii (les projets qu'il prétait à l'ennemi et particulier renient aux Autrichiens, il admettait la possibilité (fune forte diversion sur la rive gauche dn fleuve; mais il ne croyait pas que l'attaque principale dût se faire de ce côté. 11 ordonna an maréchal Saint-Cyr d'aller, pendant la durée de l'armistice, faire lui-même la reconnaissance des divers déboticliés de la frontière de Bohême. Le maréchal, après avoir rempli cetle'missîonaver celte sagacité, cette pénétration quidislingnentses grands talents militaires, rapporta à Napoléon ce
PLAN DÎT MARliCHAL SAIIIT-CTR. 5ir
qu'il avnit tu, les renseignements qu*il avait recueillis. Son opinion sut les projets de l'ennemi et sur ses moyens d'exéctition était fkiée : il ne doutait pas que la presque totalité de leurs forces ne se rassemblai en Bohême, et qu'anssîtot après la rupture des négociations^ lorsqu'ils verraient l'armée française se porter vers ta Silésie, ifci ne débouchassent par les qnatre défilés qu'il ifidr-» quait. Il était d'avis que l'empereur devait feindre un grand mouvement vers k Silési«v mais conserver ses forces réunies et concentrer ses divers corps d'armée de manière à pouvoir attaquer la grande armée coalisée, à mesure que ses colonnes déboucheraient sur le territoire saxon , les surprendre même dans leurs mouve^ ments, avant quêteur développement fut achevé; et que, si on obtenait un succès complet^ comme on avait lieu de le présumer, en refoulant ces colonnes dans les défilés, il fallait les suivre tête sur queue, descendre en Bohême, changer le théâtre de la guerre, faire vivre l'armée aux dépens de l'ennemi dont les forces serment détruites ou dis|>ersées, et marcher sur Vienne pour conquérir une troisième fois cette capitale et les États héréditaires de la maison d'Autriche.
Ce conseil, que les événements ultérieurs justifièrent trop bien, ne fut point goûté par Napoléon. En admettant la supposition que l'A u-
01 a DISPOSITIOSS DE L AL TBICHE.
triche était déterminée à entrer dans la coalition, il était persuadé que la plus ^^rande masse des forces des alliez déboucherait par la rive droite de ITlbe. pour agirdans la haute Silésie,se réunir ensuite aux corps prussiens et «uédois pour couvrir Berlin, empêcher le débloquement des places sur TOder encore occupées par les Franf ais. et !es rejeter. s*il se pouvait, sur la rire {fauche de FElbe.
Pendant que de faux rapports affermissaient Tempereur dans cette supposition, et qu'il y c:-or\^OEDait toutes ses dispositions, les négociat>?{i> s'entravaient de plus en plus à Prague, soit par le< mtrUiies de FAngleterre et de b Russie, ?o:t par le refus que faisait Napoléon de prendre firiitiative des bases des préliminaires. Durant o^ délais . que les alliés mettaient à profit pour reunir toutes leurs forces principalement en Bohème, les plénipotentiaires autrichiens, affectant toujours le rôle de médiateurs, pressaient Napoléon de s'expliquer. Je le répète, rAutriche voulait sans doute profiter d'une circonstance si favorable pour recouvrer préalablement les provinces qui lui avaient été arrachées; mais die était >incere dans la manifestation du désir d'une (vicitication générale, sincère encore dans Tex- |H^so du danger imminent où ne pouvait manquer de se trouver larmée française menacée par
KUPTURR DES NEGOCIATIONS. 5l3
une telle supériorité de forces, et par des armées aguerries par leurs propres revers, excitées à la vengeance de tant d'affronts, et soutenues par l'esprit public et les ressentiments de toutes les populations. Irrité d'un langage si nouveau pour lui, si étrange au milieu des trophées de la der« nière victoire, Napoléon repoussa les insinuations de l'Autriche, avec la même fierté qu'il avait montrée, lorsqu'à son quartier général de Schœnbrunn il dictait les traités humiliants de Presbourg et de Vienne. « Je ne récompense pas les « défections, » disait^il au prince de Meltemich, en l'insultant même personnellement par des soupçons de vénalité.
Enfin, le terme fatal arriva sans que Napoléon eut profité des derniers instants qui lui restaient pour faire connaître au congrès de Prague à quels termes il consentirait de traiter. Le jour et l'heure de la signature de la coalition étaient fixés. On dit qu'un officier porteur de la proposition si impatiemment attendue par le^ plénipotentiaires français, le duc de Yicence et le comte de Narbonne, et qui fut expédié de Dresde par le ministre des relations extérieures duc de Bassano, arriva à Prague quelques instants trop tard. Le prince de Mettemich avait signé l'accession de l'Autriche 'à la coalition; après s'être assuré que les plénipotentiaires III. 33
5i/i DÉrvonoiATioN de l'armistice.
français n'avaient point encore reçu de nouveaux ordres et des notes à communiquer.
L'empereur Napoléon avait fait pendant Farmîstice une excursion à Mayence pour y rencon* trer l'impératrice Marie - Louise, qui y était venue au-devant de lui. I^ prince major général, qui accompagna l'empereur dans ce voyage, mt dit à son retour, qu'il lui avait parlé de moi el avait témoigné quelque regret de m'avoir traité trop rudement dans l'occasion dont j'ai parlé plus haut. Il voulut bien rendre justice à mon zèle, et si je puis le dire ici sans pudeur, à mes talents, u Mais , » ajouta-t-il, « je ne sais point H travailler avec lui : il me gène, parce que tou* « jours il a ini discours à faire. » Je reçus avec plaisir ce témoignage de l'opinion de l'empereur : quant au reproche de trop discourir, je ne pcMHtûs m Vu accuser, car j'ai toujours attendu dVtrt^ interrogé, et je me dois k moiiiirinr rrtte justict\ que j'ai toujours répondu avrr |M'rrîsion, mais surtout avec franchise : jf* iif' crois pas avoir jamais manqué à ce devoir.
V*u i\r |rMirs après le retour de l'empereur, \h< fillîpc: «l/*noncérent Tarmistice, et les troupes • f MifK'fit ru mouvement. Je continuai de rési* 'I» f •! Ihrmlf* avec tout le fonds de l'administra* i^iti. »i If^ rotiitr Daru fut chargé de me trans- ••f»»»»- I litiipic jour les ordres de l'empereur.
REPRISK DES HOSTILITÉS. 5l5
Je iiis surpris par la rupture de Tartiiistice, comme par Tévénement le plus extraordinaire. Les circonstances me paraissaient si favorables, et je doutais si peu de la conclusion d'une paix continentale, que j'avais profité du temps des vacances pour faire venir mon fils à Dresde : il était âgé de quatorze ans, je trouvais utile de lui faire voir quelques parties de FÂlIemagne, le spectacle de l'armée et d'un quartier général impérial. La reprise des hostilités m'obligea k le garder auprès de moi jusqu'à ce que je pusse le faire retourner en France avec sûreté. Les derrières de l'armée entre Leipzig et Dresde étaient déjà infestés par les coureurs des ennemis. L'empereur ouvrit la campagne en Silésie par des mouvements tous relatifs aux plans d'opérations qu'il supposait à lennemi. 11 chargea le maréchal Saint-Cyr de couvrir Dresde avec son corps d'armée, environ quinze mille hommes, en prenant une bonne position sur la frontière, pour masquer seulement le principal débouché du coté de Peterswald, c'est-à-dire la grande route de Prague à Dresde par Tœplitz et Peterswald, sur la rive gauche de TEIbe. Il dirigea, par la rive droite, sur Zamosc, le corps d'armée du général Vandamme qui avait été formé à Vesel et à Bremen, et qui venait de joindre la grande armée. Ce corps était d'environ vingt-
5l6 MARCHE DES ALLIllS SUR DRESDE.
sept mille hommes de troupes fraîches, en trèsbon étaty avec une excellente artillerie, et surtout fort bien attelée. Il défila par le pont de Dresde.
Je dois répéter encore ici que je n'écris point l'histoire de cette campagne, je uy veux mentionner que les événements qui se sont passés sous mes yeux; je n'en rappelle d*autres que d'une manière sommaire, et lorsqu'ils sont relatifs à ceux que je décris.
Les justes prévisions du maréchal Saint-Cvr ne tardèrent pas à se vérifier. Aussitôt que les alliés surent que l'empereur avait porté presque toutes ses forces vers la haute Silésie, où le général BIûcher, avec une partie deFarmée prussien ne et quelques corps russes, manœuvrait devant les têtes des colonnes françaises, ils développèrent leur véritable plan d'opérations. Leur principale armée, rassemblée en Bohême en présence et sous le commandement des trois souverains, et commandée eu chef parle prince de Schwartzeaberg, déboucha de Bohême par les cinq défilés que le maréchal Saint-Cyr avait reconnus. Ce maréclial, attaqué de front et débordé par sa droite, se re^ plia de position en position sur Dresde, et fut bientôt contraint de se renfermer dans cette place, ou plutôt dans les retranchements à peiie achevés autour des faubourgs.
CONTRE-MARCHE DE L^EMPBREUR SUR DRESDE. 5l 7
L'empereur, informé de ce mouvement des alliés, le considéra d'abord comme une forte diversion j et persista dans ses premières dispositions pour s'avancer en Silésie^ persuadé que les principales forces de l'ennemi se portaient de ce côté de l'Elbe, et qu'il ne tarderait pas à les joindre et à les attaquer. Il ordonna au maréchal Saint-Cyr de défendre Dresde, et d'y tenir au moins huit jours; mais lorsque le maréchal reçut cet ordre, la grande armée des alliés, forte dé plus de cent cinquante mille hommes, était déjà devant Dresde qu'elle avait presque investi. Napoléon, éclairé enfin sur le véritable dessein des souverains alliés, fit rétrograder en toute hâte les corps d'armée qui étaient le plus à sa portée, laissant au maréchal Macdonald le commandement de son corps d'armée, de celui du maréchal Ney et de celui du général Lauriston, environ quarante-cinq mille hommes, pour faire tête et tenir en échec l'armée sous les ordres du général Blûcher. Cette contre-marche fut aussi belleque rapide. Le roi de Naples arriva d'abord seul avec quelques officiers de son état-major, et alla reconnaître la ligne des postes avancés , qui n'étaient guère qu'à demi-portée de canon de nos retranchements. JjSl réserve de cavalerie^ Je corps d'armée du maréchal Marmont et du maréchal Victor, celui du général Bertrand, la
5l8 ARRIVÉE DE l'eMPERFUK A DRESDE.
jeune garde, commandée par le général Mortier, et la vieille garde arrivèrent successivement à Dresde. Napoléon sy rendit lui-méine vers six heures du matin, le a 5 août, au moment où les alliés se préparaient à commencer les attaques et s'étendaient par leur gauche pour envelopper le fauboui^de Frédériksbourg. Ils avaient trop tardé à attaquer : s'ils l'eussent fait la veille ou dans la nuit, le maréchal Saint-Cyr, accablé par des fo^ ces très-supérieures, aurait certainement été obligé de passer sur la rive droite de l'Elbe et de se retirer à Neustadt. Napoléon pro£ta habilement de cette faute : il eut le temps dans cette journée de placer toutes ses troupes dans les retranchements et de faire occuper fortement les redoutes (|ui servaient de point d'appui aux masses placées entre elles, soit en avant, soit en réserve, derrière la palanque ou dans les maisons et jardins des faubourgs. Une nombreuse artillerie répandue sur cette ligne de défense achevait de rendre la position formidable.
L'attaque des alliés avait été retardée par le mouvement trop excentrique de la plus grande partie des troupes autrichiennes, environ quarante mille hommes, que conduisait en personne le feld-niaréchal prince de Schwartzenberg. t> 4 orps d armée qui , d'après le plan des alliés, était iltstiné ;i Tattaqno du faubourg de Frederick:»-
POSITION DE l'aHMÉE DES ALLIÉS. 5ig
bourg, avait un grand détour à faire par la vallée de Tarant, et se trouvait ainsi séparé des Russes et des Prussiens, qui couronnaient les hauteurs entre l'Elbe et cetle petite vallée, espèce de ravin très-profond qui remonte dans les terres jusqu'à environ trois lieues, et dont les escarpements à pic ne permettent que de rares commucations par des sentiers difficiles d'un côté à l'autre de cette étroite vallée, c'est-à-dire d^un plateau à l'autre. L'un et l'autre de ces plateaux dominent fortement le bassin et la ville de Dresde, et se fondent par des pentes insensibles jusqu'à une portée de canon de la ville. Le plateau de droite ou du sud se rapproche davantage du fleuve; cehii du côté du nord s'en éloigne au contraire, et la plaine s'ouvre jusqu'à Meissen. On voit que dans ces positions respectives, tout l'avantage des feux plongeants était du côté des alliés, qui pouvaient choisir les points d'attaque; mais aussi l'étendue des faubourgs de Dresde les obligeait à un grand développement; tout au contraire la position concentrée de l'armée française donnait la facilité de soutenir avec >
les réserves les points menacés et de profiter des circonstances favorables sur les points faibles de la ligne ennemie.
Le corps du prince de Schwartzenberg n'étant point encore en mesure, on ne fit dans la pre-
5'20 BATAILLE DK DKFSIIE.
mière journée que s'observer et se tâter en se canonnant. Le lendemain l'action générale s'engagea presque à la fois sur tous les points de la ligne. La principale attaque des alliés se fit par leur droite contre le Gross-Garden et les redoutes en avant de ce faubourg, c'est-à-dire, contre la gauche des Français. I /empereur Napoléon s'était porté de sa personne au centre de sa ligne k la grande redoute en avant de la palanque sur la route de Freiberg; il avait fait placer l'artillerie de sa garde en avant et un peu à la gauche de cette redoute. Le feu de cette artiUerie couvrait parfaitement le centre des retranchements qui s'opposaient aux efforts que l'ennemi eut pu faire sur ce point important. A la faveur de ce point d'appui, l'empereur fit avancer toute son aile droite, qui déboucha du faubourg de Frédéricksbourg avec la cavalerie sous les ordres du roi de Naples, gravit le plateau, et alla au-<levant des colonnes duprincedeSchwarztenbei^quis'a* vançaient en toute hâte : elles n'eurent pas le temps de se déployer et de prendre position. L'infanterie autrichienne forma divers carrés qui furent successivement enfoncés et sabrés par la cavalerie du roi de Naples. Seize cents prison* niei^ et dix-sept pièces de canon restèrent au |)oiivoir des Français après un combat aussi vif qu'il fut court. Ainsi toute l'aile gauche de Far*