‹ Souvenirs du lieutenant général comte Mathieu Dumas de 1770 à 1836Chapitre 88 sur 112 · BATAILLE DE DRESDE · texte numérisé non relu

BATAILLE DE DRESDE

mée alliée, séparée du centre et de là droite par la vallée de Tarant, fut pour ainsi dirfe surprise, détruite ou mise en fuite sans pouvoir être soutenue.

Pendant que ceci se passait à la gauche des alliés et même en arriére de leur centre, ils faisaient par leur aile droite les plus grands efforts pour forcer les retranchements de la gauche des Français, afin de pénétrer dans le faubourg et dans la ville. C'est à cette attaque que l'illustre transfuge le général Moreau fut mortellement blessé.

Vers la fin de la journée, le maréchal Mortier avec la jeune garde s'avança entre le Gross-Garden et la rive gauche de TEIbe sur la route de Py ma, débordant ainsil'extrême droite des alliés, qui renoncèrent à leur attaque et reprirent leur position sur les hauteurs.

Ainsi fut gagnée , contre des forces supérieures, la mémorable bataille de Dresde. On ne saurait ti'op admirer les dispositions, la constance, la feiincté de résolution de Napoléon dans une situation des plus périlleuses. Malheureusement cette fois, et par une inconcevable fatalité, il ne recueillit point le fruit de Tune de ses plus belles victoires : l'armée alliée se retira pendant la nuit, se dirigeant par les mêmes défilés qu'elle avait traversés, se hâtant de rentrer en Bohême.

5aa UÊFAITb DU GI^NÉRAl. VANDAMSIV.

Napoléon donna d'abon] aux divers corps tTH méerordredepoiirsuivrerennenii;îI tnarcltal^ même avec ta jeune garde sur Pyrna ; il ordotti au général Vnndamme de paiiser l'Elbe et de marcher sur Tœplitz pour couper la colonne ennemie. Le corps du maréchal Saint-Cyr et celui du maréchal Marmont furent mis sur la même direction à la poursuite de l'ennemi; et comme h tes deux corps d'armée se rencontrèrent, le ma* ïïréchal Saïnt-Cyr se jcla sur sa gauche, au lieu ^de rester inutilement sur la même route que le ft corps de Marmont. I! se trouvait ainsi entre la direction que suivait ce dernier et la roule (le Tœphtz, sur laquelle marchait, en toute confiaud le corps de Vandamme. L'empereur, quiavaîtfl d'abord le dessein de faire appuyer le corp&j Vandamme par la jeune garde qui se troufl avec lui à Pyrna, changea tout à coup de r lution, et rentra à Dresde. Vaudamme, • uuantde marcher sur Tœplitz, descendit à Cul^ où il rencontra une forte colonne ennemie. Pendant que le combat s'engageait, le corps d'à niée prussien du génial Kleist, trouvant le < nié qu'il avait trouvé devant lui encombré, r sur sa gauche à travers pays, et atteignit j route de Tœplitz. 11 se trouva ainsi sur les i rières du général Vandamme, sans l'avoir p et le général français, coupé de l'a

FAlTE!i l)tS MAB. MACUONAL1> ET OIIDINOT. 5^3

né en tète et en queue, fut entièrement défait, tomba lui-même entre les mains de l'ennemi; luelques bataillons seulement, rt-bt'ousbiiat cben, jse firent jour à travers le corps prussien, parvinrent jusqu'à Peterswald. Ce désaslreui 'énement , qu'on attribua à l'ardeur imprudente lu grâiéral Vandamme , aurait été facilement prévenu si Napoléon eût persisté dans sa résoluie faire appuyer le général Vandamme par jeune garde qui, se trouvant à Fyma, n'avait que quelques lieures de marcbe à faire pour rejoindre Vandamme. Le maréchal Mortier qui la commandait se serait trouvé sur les derrières du corps prussien du général Kleist ; et cehû-ci aufuilliblement éprouvé le sort qu'éprouva le général Vandamme, puisqu'il aurait été, comme Pbi, surpris et attaqué en tète et en queue, et i n'aurait eu d'autre moyen de salut que de mettre ' bas les armes.

Pendant que ces événements se passaient sur lia rive gaucbe de l'Ëlbe, le marécbal Macdonald, pttaqué sur la Katzbach par tes forces supé- (■lîeures du général Blûcher, était battu et forcé '•.de se replier sur Bautzen. Du côté de Berlin , le Kpiarécha) Oudînnt essuyait un grand revei-s; le fflïrince royal de Suède ayant réuni les troupes wédoises au corps prussien du général Tauenzien, iifo<Gé|M>' la levée des bataillons de landwebr,

5a4 SITUATION D£ LKRMÉE, FRANÇAISE.

avait remporté un premier avantage sur le corps français que Napoléon avait dirigé sur Berlin. Le maréchal Ney, envoyé pour soutenir Oudinot, ayanl pris le commandement y essaya vainement de conserver l'offensive, et fut obligé de se replier sur Wittemberg.

Les nouvelles de ces trois défaites 'presque simultanées arrivèrent à la fois au quartier impé> rial de Dresde, au moment où Napoléon, satisfait d'avoir rejeté en Bohême la principale armée des alliés, se préparait à marcher sur Berlin avec la plus grande partie de ses forces. La scène était changée ; la victoire de Dresde n'avait plus d'autre résultat que quelques milliers de prisonniers et d'inutiles trophées. I^s alliés avaient repris confiance; les Français avaient fait d'immenses pertes en peu de jours, tandis que les alliés recevaieiit de toutes parts des renforts considérables. Ils ne pouvaient tarder à reprendre partout l\)fft»nsive avec un grand avantageais avaient derrière eux vX tout près d'eux de grandes ressources, tandis que celles de l'armée française s'épuisaient rapidement. Tous les services devenaient de jour en jour plus difficiles; la ville de Dresde, ce funeste pivot, était encombrée de Mrssés et de malades. Mes fonctions ne furent jamais plus pénibles, ni mes eflbris plus infructueux. Il n \ avait pas un officier éclairé qui ne

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