‹ Souvenirs du lieutenant général comte Mathieu Dumas de 1770 à 1836Chapitre 90 sur 112 · BLOCUS DE DRESDE · texte numérisé non relu

BLOCUS DE DRESDE

nous restaient. Telle fut, après des débats trèsvifs, la résolution du maréchal Saint-Cyr.

Trois jours après, et certes ce délai n'aurait pu nous suffire pour gagner même une marche sur l'ennemi, le général autrichien Klenau bloqua, sur les deux rives, la ville et les faubourgs de Dresde avec une armée autrichienne dont la force réunie à celle du corps de Tolstoy n'était pas moindre de cinquanle-deux mille hommes. Après avoir coupé toutes les communications et nous avoir resserrés dans nos retranchements, le général Klenau feignit de vouloir commencer des attaques régulières; mais le maréchal Saint-C^yr savait qu'il n'avait point d'artillerie de siège, qu'il n'en pouvait tirer que des placçs de Bohême, et que la saison très-pluvieuse et fort avancée avait tellement dégradé les chemins qu'il était impossible de former et d'amener devant Dresde un équipage de siège. Le maréchal s'occupa de faire perfectionner les moyens de défense. Il fit traverser par des coupures toutes les issues des faubourgs, multiplia les barricades, fit créneler les maisons, et rendit ainsi très-forte et hors d'insulte cette enceinte des faubourgs de Dresde, dont toutes les communications transversales dans l'intérieur devinrent autant dé lignes retranchées auxquelles le corps de place, quoique en assez mauvais état, mais aussi bien réparé

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qu'il fut possible de le faire, servait de réduit. J'eus soin de ménager les ressources en vivres qui nous restaient, autant que la consommation d'une garnison de vingt mille hommes, sans compter les cinq ou six mille malades ou blessés dont je n'avais pu faire évacuer qu uu petit nombre sur Torgau, et les consommations des habitants de la ville, pouvaient le permettre. Nous restâmes dans cette position respective jusqu'en novembre. A mesure que la disette se faisait sentir, que les recherches les plus sévères ne produisaient presque plus rien , que les bestiaux manquaient et qu'on était obligé d*abattre les chevaux, des murmures s'élevèrent : on recommença à blâmer le parti qu'avait pris le maréchal ; on revint à la proposition de forcer le blocus sur la rive droite et de marcher sur Toi^u pour gagner ensuite MagdelKHirg. On montrait tant d'ardeur pour cette expédition hasardeuse, que le maréchal, qui ne la considérait que comme une sortie qui , si elle n'avait pas le succès qu'on s'en promettait, ne pouvait cependant rien com* promettre, la retraite étant bien assurée , donna au comte de Lobau l'ordre de former un corps d'élite équivalent à la moitié des forces disponibles, et de tenter de s'ouvrir un passage. Le maréchal restait à Dresde avec tout son état-major, toute ladministralion de Tarmée, pour défendre

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