PREMIÈRES HOSTILITÉS
avait accepté le ministère de la guerre. Il avait désiré et n'avait pu obtenir d'accompagner Napoléon et de commander son aile droite. Le général Grouchy, élevé au grade de maréchal, lui avait été préféré, parce que . Napoléon avait pensé que l'activité et la fermeté du maréchal Davoust lui seraient plus utiles à Paris que sur le champ de bataille.
Quoique j'eusse vu avec beaucoup de peine le retour de Napoléon, et que tout ce qui s'était passé à Paris depuis le 20 mars jusqu'à l'ouverture de la campagne n'eût fait qu'accroître mes anxiétés; quoique je fusse convaincu qu'il fallait encore bien d'autres miracles pour conjurer l'orage qu'on avait laissé se former et grossir par une temporisation impolitique, je n'en faisais pas moins des vœux sincères pour le succès de nos armes. Je souhaitais aussi ardemment que les amis les plus dévoués de Napoléon qu'il triomphât des difficultés dans lesquelles il s'était engagé : une grande victoire, rien de moins que la destruction de l'armée anglaise, pouvaient seules rétablir l'ascendant de son génie, les prestiges de sa gloire, et justifier la témérité de sod entreprise. La nouvelle de la bataille gagnée sur la seule armée prussienne et du combat sanglant du maréchal Ney aux Quatre-Bras contre Ta vaut-garde de Farmée anglaise me causa une