‹ Souvenirs du lieutenant général vicomte de ReisetChapitre 16 sur 78 · ARMÉE DU DANUBE, 6° DIVISION · texte numérisé non relu

ARMÉE DU DANUBE, 6° DIVISION

Au quartier général à Niederfrük, le 29 thermidor an VII.

« J'écris à l'instant, mon cher Reiset, à votre protégé Morin que je serai charmé de l'avoir près de moi en qualité d’officier de correspondance, en attendant que les circonstances me permettent de lui trouver un débouché plus favorable à son avancement. Je suis flatté, mon cher Reiset, d'avoir pu saisir celte occasion pour vous obliger sous quelques rapports. Je désirerais en connaître d'autres qui puissent vous être agréables, vous verriez combien mon amitié pour vous répondra toujours à voire attente.

» Amitié cordiale.

Signé : KEY. »

L'amitié que le général Ney témoignait au jeune sous-licutenant après l'avoir vu combattre à ses côtés ne devait jamais se démentir, et Tony ne devait pas être le seul, dans sa famille, à lui rendre son affection et son dévouement. Lorsque l'infortuné maréchal, entrainé, comme il l'a dit plus tard dans son procès, eut oublié ses serments à Louis X VIII et fut contraint de s'enfuir, ce fut avec le passeport du baron de Reiset qu'il put quitter Paris et se réfugier en Auvergne; ce fut sous son nom quil fut arrêté par quatorze gendarmes au château de Bassanis près d'Aurillac. Le baron Édouard de Reiset ‘, son aide de camp depuis plusieurs années, s'était dévoué pour le sauver. C'était le cousin germain de Tony *.

Cependant ce dernier avait hâte de se rapprocher de son protecteur; il s'adressait à son père

1. Édouard-Jean-Népomucène, baron de Reiset, officier de la Légion d'honneur, chevalier de Saint-Louis, aide de camp du maréchal Ney, officier d'ordonnance du roi Jérôme de Westphalie. Né à Delle (Alsace) en 1785, mort à Paris en 1857. Il avait épousé Marie-Adèle du Temple de Mézières, dont il a eu un fils mort sans postérité et une fille, mariée au vicomte de Grandval.

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