‹ Souvenirs du lieutenant général vicomte de ReisetChapitre 17 sur 78 · Voy. Vaulabelle, Histoire de la Reslauralion · texte numérisé non relu

Voy. Vaulabelle, Histoire de la Reslauralion

lieux, dans ce peu de jours, bien plus que je n'aurais ici; d'ailleurs je suis cerlain que le général Kléber obtiendra pour moi un poste près de lui; s'il reprend du service, mon plus grand désir est de pouvoir le suivre. Je verrai en même temps le général Scherer, mais je vous promets surtout de revenir avec Dumas; du reste je ne ferai rien et ne promettrai rien si votre aveu ne m'y décide entièrement. Ne trouvez pas mauvais que je vous adresse cette proposition, car c'est d'après le conseil de Dumas et de plusieurs autres que j'ai pris sur moi de vous la faire. Quant à la dépense, il ne m'en coûtera que pour l’aller et le retour, et ce sera fort peu, puisque Dumas a son cabriolet. Pendant le séjour à Paris je serai chez Jacques et nous arrangerons tout de la manière la plus économique. »

À cette lettre si soumise, M. de Reiset répondait par un acquiescement, et Tony partait enfin pour Paris; mais Kléber allait décliner toute offre de reprendre du service et aucun des beaux projets de Tony n'allait se réaliser.

« Le 28 juin 1797, écrivait-il dans son journal,

avait tant de fois montré envers sa patrie pour le faire rayer des listes de proscription.

Il ne devait sortir de son repos que pour faire partie de l'expédition d'Égypte.

« Pendant mon séjour à Paris, ajoute Reiset, j'eus occasion maintes fois de constater en fréquentant divers officiers combien les formes extérieures adoptées dans l’armée du Rhin et dans celle d'Italie sont différentes. L'armée d'Italie se glorifie d'être une armée révolutionnaire composée uniquement de citoyens, et non une armée de messieurs, comme ils nous appellent dédaigneusement. Une division que Bernadotte avait amenée d'Allemagne enltalie se distinguait particulièrement par des formes plus policées, et les deux armées formaient vraiment un contraste frappant. »

Il est curieux d'observer combien les tendances aux anciens usages commençalent à se faire jour et quelles rivalités les différences d'éducation ou de savoir excitaient déjà dans l’armée. Le peu qui restait encore des formes austèrcs de la République et de la Révolution n'allait pas tarder

à disparaître, ct, deux ans plus tard, en reve-

accueillait les Français avec tant d'enthousiasme, allait bientôt cruellement ressentir toutes les

horreurs de la guerre.

Au mois de janvier 1798, Reiset se trouvait à Scheveningen avec son régiment et y restait jusqu'au mois d'avril, époque à laquelle il revenait passer quelques jours à Paris pour faire ses adieux à Kléber sur le point de partir pour l'Égypte.

Bonaparte, en effet, préoccupé de frapper les imaginations par quelques faits d'armes éclatants et d'augmenter son prestige par cette conquête lointaine, venait de décider l'expédition d'Égypte, et, désireux de s’assurer le concours de généraux dont les talents lui fussent déjà connus, il s'était adressé tout de suite à Desaix et à Kléber. Ce dernier, de plus en plus découragé par les événements ct se refusant à suivre une ligne politique que son honnêteté réprouvait absolument, vivait entièrement confiné dans sa retraite, quand Bonaparte vint lui proposer de partir avec lui. Dans de pareilles dispositions d'esprit, bien qu'il ne se dissimulât pas

rue de la Victoire, est le rendez-vous de tout ce que Paris compte de considérable. Madame Bonaparte fait les honneurs de cette maison fort simple avec un tact et une bonne grâce qui lui concilient en toute circonstance la sympathie de ceux qui l’approchent. Elle aime beaucoup le monde et n'a pas eu de peine à grouper chaque semaine autour de sa table les hommes les plus éminents dans les sciences, dans la politique ou dans l’armée. Bien qu'ils soient mariés depuis plus de deux ans, le général Bonaparte semble toujours très amoureux d'elle, et, à dire vrai, il est impossible de la croire l'ainée de son mari, tant la grâce de son sourire et l'élégance de sa démarche ont de charme.

Elle a su garder dans sa simplicité des manières de grande dame et dans Madame Bonaparte on retrouve toujours la comtesse de Beauhar-

nas. »

Bientôt le général Bonaparte partait pour Toulon avec Kléber, et la flotte mettait à la voile le 19 mai 1798.

Le jeune Tony retournait alors à Huningue

rejoindre son régiment, se séparant non sans regret de Kléber, qui lui avait fait faire ses premières armes, qui avait élé son protecteur et son ami le plus dévoué et qu'il ne devait plus revoir.

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Campagne le Suisse. — Bauuile ‘1e “uckach. — Tony est blesse À ‘a vuisse var cite aile qui ‘uiiue un cheval. — Le seneral Klein le prend “omine «le de ‘mp. — Bataille de Zurich. — Reiset penetre ‘iaus la ville pour la sommer de se rendre. — li ‘lésarme 1ivec quelques dragons un poste tout entier et ‘lelivre SUU prisonmers. — Dangers qu'il court dans les rues ‘le la ville. — Encore un vheval tué. — Lettres de Pony à -ovu ‘rere. — Il «st blesse par un Rusve. — Défaite de Sou\warvif. — Les dépuuiiles les Russes, — Son vrdonnance $enfut avec un superbe cheval et une maywnitique berline contenant un tresur. — Victoire du général Lecourbe. — Mort de Lavater. — Bonaparte quitte l'Egypte pour rentrer en France.

La campagne de Suisse allait s'ouvrir avec les premiers mois de 1799. La République, vu son infériorité numérique, résolut d'attaquer les coalisés par les trois grandes ouvertures de l'Italie, de la Suisse et de la Hollande. Après quelques succès, la coalition devait être bientôt forcée d'arrêter sa marche victorieuse, et tandis que

Cependant Jourdan avait perdu le commandement de l’armée du Danube, et Masséna était nommé général en chef de toutes les troupes cantonnées depuis Dusseldorf jusqu’au Saint- Gothard. Devenu alors le chef suprème des armées du Rhin et de la Suisse, il s’occupait activement de réorganiser l'armée et de tirer le meilleur parti possible des forces qui lui avaient été confiées.

Mai 1799.

« Le général Klein‘ prend au mois de mai le commandement d’une division de ligne formée de six régiments de cavalerie et de deux d'infanterie avec de l'artillerie et établit son quartier général à Berne. Celui du général en chef est à Luitzbourg. »

6 juin.

« Nous sommes toujours à Berne, agréablement logés dans les environs de la ville; on vient de m'apprendre que le roi d'Angleterre a annoncé en plein parlement qu'il envoie à la Russie des subsides considérables contre nous. »

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