‹ Souvenirs du lieutenant général vicomte de ReisetChapitre 18 sur 78 · était né en 1762 et venait d'être nommé divisionnairc · texte numérisé non relu

était né en 1762 et venait d'être nommé divisionnairc

corps de 25 000 hommes, il prit immédiatement ses dispositions pour l'attaque, qui eut lieu le 25.

25 septembre.

« Le général Klein commande la réserve; pour arriver sur le champ de bataille, nous eùmes à nous emparer des hauteurs à l'ouest de Zurich; cela nous permit de venir ensuite nous déployer devant cette ville, qui fut attaquée aussitôt. »

26 septembre.

« Une ligne immense de tirailleurs russes se déployait devant celle du corps de bataille aligné méthodiquement sur la gauche de cette ville et devant laquelle la division se déploya elle-même en arrivant. Nos six pièces d'artillerie commencèrent le feu ; nous voyions nos boulets tomber dans leurs rangs et la poussière s’y élever sans remarquer le moindre dérangement dans les lignes. Après avoir attendu quelques heures que Soult et Masséna lui-même eussent passé la Limmat et fussent arrivés sur notre hauteur, Zurich fut tournée et je fus envoyé avec un trompette et un ordonnance pour sommer la ville de se

col, j'allais en faire autant de lui-même lorsqu'il se précipite à genoux sous mon cheval, me demandant grâce de la vie. En même temps je vis le poste entier jetant ses armes et fuyant. Mon ordonnance avait lui-même distribué quelques coups de sabre et nous délivrâmes à peu près trois cents prisonniers français que ce poste maintenait dans les premières maisons de l'autre côté du pont.

» Nos prisonniers s'emparèrent des armes russes et j'en profitai pour me protéger dans le cas où je serais assailli. Je poursuivis mon chemin jusqu’au quartier général du prince Jean et de Korsakoff, non sans beaucoup de peine et de dangers, recevant des coups de fusil et escorté par ces horribles figures de cosaques dont les lances me menaçaient. J’entendis par les fenêtres des habitants qui me disaient : « N'avancez pas, ils sont encore nombreux, ne vous fiez pas à eux ou vous êles perdu. » J'avais un devoir à remplir, je continuai ma route, sans tenir compte de ces avertissements. Au détour de la dernière rue, un énorme Russe d’une taille colossale me

déchargea sur la cuisse un violent coup de crosse,

lorsque nous la voyons subitement s'ouvrir, et deux pièces pointées dans le prolongement de la rue nous vomissent une volée de mitraille qui, heureusement, ne nous blesse que deux hommes, parce que nous étions trop près. J'avais eu dans la matinée un cheval blessé qui succomba le lendemain, je l'avais remplacé par un cheval russe magnifique, qui m'a été volé ainsi qu’une fort belle voiture anglaise que j'avais fait relever d'un fossé et dans laquelle mon ordonnance trouva, dit-on, dix-huit cents louis cachés dans des doubles-fonds et avec lesquels il disparut. — C'était la berline de lord Vickam.

» La prise de Zurich eut des conséquences immenses pour nous; pendant quinze jours au moins, nous conlinuâmes à nous battre jour et nuit, jusqu'à ce que nous eùmes atteint le lac de Constance. »

Page 1