‹ Souvenirs du lieutenant général vicomte de ReisetChapitre 34 sur 78 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Avril à Juillet 1807.

Lettres à Amélie de Fromont. — Attachement de Reïiset pour sa fiancée. — Il s'excuse de ne pas écrire plus souvent. — Ses mulliples occupations. — Une tragédie de Schiller. -— Les deux hôtesses de Tony. — Leur portrait et leurs soins pour leur hôte, — Espérances de paix. — Reiset demande à sa fiancée un souvenir dont il puisse ne pas se séparer. — Reprise des hostilités. — Regret d’être éloigné du théâtre de la guerre. — Entrevue de Tilsitt — Le radeau du Niémen. — Détails sur la réunion des deux Empereurs. — Belle prestance d'Alexandre. — Rôle effacé joué par le roi de Prusse. — Du feu en juillet. — Les brouillards de Potsdam. — Reisel sans nouvelles de son frère. — Perpétuelle incertitude sur l’époque du retour en France. — Amertume de l'exil. — Pitié qu’inspirent les habitants. — Sympathie excitée par la reine Louise. — Sa dignité dans : ses malheurs. — Son entrevue avec l’Empereur. — Elle repart sans avoir rien obtenu de Napoléon. — Attachement de Duroc. — Traité de Tilsitt.

22 avril 1807.

« J'ai l’air d'abuser de la permission que vous m'avez donnée d’être laconique, ma chère Amélie, mais en conscience, je ne puis faire autrement; tourmenté nuit et jour par tous les

» J'ai eu aussi des nouvelles de ma sœur de la Martellière, qui est allée rejoindre son mari à Cassel. |

» Adieu, adieu, bonne amie, aimez-moi toujours autant que je vous aime, et ce sera beaucoup.

» TONY. p»

Berlin, 21 mai 1807.

« Je suis à Berlin, où je suis venu pour affaires, envoyé par le gouverneur. La course n’est pas longue, puisque Potsdam n’est distant que de huit lieues; mais je suis si fort pressé de besogne que depuis presque sept mois que je suis à Potsdam ce n'est que le second voyage que je puis y faire. Je ne m'y étais rendu hier que pour quelques heures, quand un courrier du général vint me prévenir qu'il viendrait le lendemain et qu'il fallait l'attendre. J'en profitai pour aller voir le spectacle ; on y donnait une tragédie de Schiller ‘ que je n’aurais certainement pas eu le courage d'entendre jusqu'à la fin si javais été seul; presque tous les personnages se tuent, s’assassinent réciproquement ou s’empoisonnent,

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