‹ Souvenirs du lieutenant général vicomte de ReisetChapitre 43 sur 78 · OCTOBRE ET NOVEMBRE · texte numérisé non relu

OCTOBRE ET NOVEMBRE

20 novembre.

« Parti de Paris avec Bressier pour me rendre à Versailles, ma première visite a été pour le préfet, qui m'a accueilli comme son parent. J'y ai trouvé ma belle-sœur, avec laquelle nous avons longuement parlé des Mayençais. Nous avons ensuite été voir mon quartier-maître, et visiter le logement que l’on m'avait retenu. Nous avons diné chez le préfet, et à onze heures du soir nous sommes rentrés coucher à l'auberge de la Vieille Poste. »

20 novembre.

« Nous partimes en guinguette pour Paris. »

24 novembre.

« J'ai donné chez moi un grand déjeuner aux officiers du dépôl; nous fûmes en sortant de

4. Le comte de Laumond, préfet de Versailles, était le propre oncle de Colette de Reiset, belle-sœur de Tony. Jean-Charles-Joseph comte de Laumond mourut à Paris le 8 mars 1825. 11 fut préfet de Strasbourg et d’Aix-la-Chapelle avant d’occuper la préfecture de Versailles. 11 était en même temps consciller d’État et directeur général des mines.

pouvoir annoncer publiquement ses projets et profiter de son séjour en France pour fixer la date de la célébration du mariage. Il pensa avec raison que sa présence à Soissons vaincrait plus facilement les dernières hésitations, et qu’une seule entrevue avec Amélie avancerait davantage les choses que la longue correspondance qu'ils échangeaient depuis tant de mois. Il ne voulut pas attendre davantage et résolut de partir sans délai.

Le 10 décembre, il quittait Versailles, et arrivait de grand matin le lendemain à Soissons, où son premier soin était d'envoyer à madame Clouet un mot à la hâte pour l’informer de sa venue. Mademoiselle de Fromont et sa mère abandonnaient à cette époque de l'année le château de Vic-sur-Aisne pour venir prendre leurs quartiers d'hiver dans leur hôtel de Soissons, où une entrevue avait toutes chances de passer inaperçue. Son billet, écrit au crayon, témoigne de sa hâte et de son impatience.

« J'arrive incognito ce matin à six heures et suis descendu hors la ville, à l’auberge de la

Tony, en effet, ne s'était pas trompé dans ses prévisions; Amélie de Fromont devait être facile à convaincre, et madame Clouet, touchée de la constance du jeune homme, ne pouvait pas rester insensible à ses instances. Lorsque le lendemain soir il quitta Soissons, non seulement son mariage était décidé, mais on l'avait déjà présenté officiellement comme fiancé, et la date seule de la cérémonie, qui devait ètre prochaine, restait à fixer.

Il rend compte brièvement dans ses notes du

succès de son voyage.

Samedi, 10 décembre 1808.

« Parti de Versailles à quatre heures du soir, en poste, dans ma calèche, avec Antoine, mon domestique, pour me rendre à Soissons, j'y suis arrivé le 11 à six heures du matin; j'ai écrit de suite à madame Clouet, qui m'a donné rendez-vous chez M. Missa, son médecin, un vieil ami de la famille. Après notre entrevue, je suis allé chez elle pour voir Amélie; M. Cloucet m'a fait l'accueil le plus aimable et le plus gra-

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