EN ITALIE
donc, quel est le b qui a fait cela? Est-il ici? >
La paix s'étant conclue, je retournai en novembre, je crois, en Hollande. Le général Beurnonville était révoqué; le général Dejean, qui commandait provisoirement Tarmée, m'en remit le commandement, que j'exerçai pendant Thiver et jusqu'au moment où le général Joubert vint le prendre titulairement. Je reçus Tordre de me rendre à Paris.
Au printemps de 1798 je reçus l'ordre de me rendre en Italie. L'expédition d'Egypte était préparée et prête à mettre à la voile. Je ne doutais point qu'à Milan je trouverais une destination pour Gênes ou Givita-Vecchia; je n'avais pu obtenir d'éclaircissements à Paris; mais j'appris avec plaisir, à mon arrivée, que l'expédition était en mer.
L'Italie était dégarnie de troupes; on les avait embarquées; mais on en attendait de l'intérieur de la France. Le général Brune, qui commandait, me permit de faire un voyage à Rome et à Naples ; je passai deux mois bien employés dans la première de ces villes; on m'avait refusé l'entrée du territoire napolitain comme Français et militaire. Je revins à Milan, d'où je fis des excursions; l'une d'elles manqua de m'ètre funeste, à Mantoue, en me baignant dans un canal. Le général Delmas, qui commandait, me prodigua tous les secours de l'amitié, — il a été tué depuis en Saxe, — et le général actuel Mayer me sauva la vie.
Peu de temps après, je fus renvoyé à Rome pour exercer un commandement sous le général Gouvion Saint-Cyr. Il était, je crois, alors en querelle avec les commissaires du Directoire; il fut rappelé et je lui succédai.
Les États romains érigés en république étaient en fer*
nientation; leurs voisins les Napolitains étaient mena* çants; l'Autriche leur envoya le fameux Mack pour commander leur armée, tandis qu'elle-même se préparait à rompre la paix de Léoben. Des insurrections partielles, des soulèvements considérables eurent lieu, notamment à Terracine; je les combattis, les réprimai et les contins. Tous ces événements préludaient à de plus sérieux et de plus importants. J'administrais le pays sous l'influence des commissaires, mais non aveuglément au gré de leurs désirs et de leur autorité, quoiqu'elle fût très peu limitée.
Je n'avais que 12,000 hommes sous mes ordres, mais de bonnes et solides troupes. Ma correspondance informait le gouvernement et le général en chef de l'armée d'Italie de notre situation; je réclamais de prompts renforts; on ne croyaitpasle danger imminent, quoiqu'il fût apparent. J'avais disposé mes troupes à tout événement. Les Napolitains étaient organisés, sous un chef tel que le général Mack dont la réputation était presque européenne, et qui fut loin de la justifier, soit à la tête des Napolitains, soit en commandant plus tard l'armée autrichienne, et alors il n'avait pas la même excuse.
On créa à Paris une armée de Rome, un chef pour la commander (1), et Ton mit en marche de la haute Italie quelques bataillons.
Les Napolitains, au nombre de 70 à 80,000 hommes (2),
(1) Le général Championnet.
(2) Telle était l'évaluatioD des forces napolitaines transmise par diverses sources, notamment par la légation française A Naples, conGrmée depuis par les prisonniers et puisée sur les lieux mêmes dans leur capitale, et cependant un écrit attribué au général Mack ne porte Tarmée agissante ou active, rassemblée sur la frontière, qu'A 40,000. Peut-être a-t-U voulu affaiblir cette force pour atténuer et excuser ses revers; peut-être aussi ne comprend-il point les détachements, dépôts, garnisons, etc. Il estime les forces françaises À 20,600 hommes, et bien réellement je n'en avais, au com-