‹ Souvenirs du Maréchal Macdonald, duc de TarenteChapitre 108 sur 262 · COMÉDIE DU PARLEMENTAIRE · texte numérisé non relu

COMÉDIE DU PARLEMENTAIRE

se dirigent sur ce point. Je connais les rues, marchons. > Mais c'était inutile; nous trouvâmes, en arrivant à cette porte, que le régiment que j'y avais établi, le H* de ligne, je crois, avait suffi pour repousser les assaillants, au nombre de 5 ou 6,000 hommes, comme je rappris de quelques prisonniers, et conduits par le général Mack en personne. C'est à peu près tout ce qui lai restait de cette formidable armée qui avait annoncé si témérairement qu'en peu de temps elle nous chasserait de toute l'Italie. Le général Mack ne pensait point que nous occupassions encore Rome, ou espérait nous y surprendre et faciliter le passage du comte Roger de Damas. Cette expédition' ayant échoué, le général , ne comptant plus sur la jonction, gagna la route de Capoue, et nous rentrâmes à Rome.

J'allais me mettre au lit lorsque l'on m'amena un parlementaire demandant à traverser la ville pour une autre colonne venant de Viterbe et arrêtée à Ponte-w Molle, c Est-ce sérieusement, lui dis-je, que vous faites une telle proposition ? — Mais on assure, répondit-il, qu'il y a armistice. — On vous a trompé; mettez bas les armes; c'est ce que vous avez de mieux à faire. — Comment! mettre bas les armes! Nous nous défendrons; nous sommes en force. — Eh bien! dis-je à l'ofQcier qui avait amené ce parlementaire, reconduisez-le et donnez de ma part au commandant de Ponte-Molle l'ordre de sabrer ces messieurs; je vais me coucher. — Est-ce votre dernier mot? dit le parlementaire. — Certainement. — En ce cas, je me rends. > Car il était le chef de cette troupe d'environ douze à quinze cents hommes. C'est la même qui voltigeait sur mon flanc droit pendant que j'étais en position à Civita-Castellana et qui nous avait assez inquiétés. Le lendemain je rendis compte de cet événement au général en chef, en ajoutant que je

n'avais pas voulu troubler son sommeil pour si peu de chose.

Un ordre du jour émané du quartier général annonça tous ces résultats heureux; à notre grande surprise, on citait à peine ma division , quoique Tarmée lui rendît elle-même justice et lui fU les'honneurs des succès de cette courte campagne ; mais ce qui passe toute idée, c'est que le quartier général, seul, eut tout l'avancement et les récompenses. Cette injustice, cette partialité m'indigna autant que Tarmée; je me rendis chez le général en chef; nous eûmes une nouvelle et très vive explication, sans pourtant aucun résultat favorable pour ma division, et pour la punir apparemment des avantages qu'elle avait obtenus, on nous fit marcher en seconde ligne. 11 fallut digérer cet affront; mais, à quelques jours de là, comme on rencontra quelques arrière-gardes, on nous fit reprendre la tète.

Nous arrivâmes ainsi devant le camp retranché de Capoue, d'où nous reçûmes des propositions de suspension d'armes qui tentèrent beaucoup le général en chef; mais je m'y opposai fortement dans la réunion où les généraux de division furent appelés. On ne décida rien ce jour-là, mais le lendemain on accorda quarante-huit heures, décision prise à mon insu. Il fallut se soumettre en rageant. Je préparai tout pour une attaque de vive force sur la ligne ennemie à l'expiration de ces quarante-huit heures.

L'absence de nouvelles des troupes des généraux Duhesme et Lemoine, qui marchaient sur Naples parles Abruzzes, était une mauvaise excuse de ce temps d'arrêt intempestif. La terreur des Napolitains allait croissant, le trouble était dans les provinces, l'effroi dans la capitale, la cour fuyait en Sicile; il ne fallait donc pas donner de relâche. Si, du moins, cet ensemble d'événements

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