‹ Souvenirs du Maréchal Macdonald, duc de TarenteChapitre 112 sur 262 · CONCENTRATION DES TROUPES · texte numérisé non relu

CONCENTRATION DES TROUPES

ments plus étendus se préparaient dans réioignement. La Russie faisait marcher une armée en Italie pour se joindre à l'Autriche; nos troupes se rassemblaient sur l'Adige sous le commandement du général Schérer, et bientôt après les hostilités commencèrent.

Pendant que ces événements se préparaient, je ne restai pas inactif; je concentrai mes troupes. Une nou- Telle insurrection dans les provinces éclata; un nouveau rassemblement fut dispersé à Cannes , aux bouches de rOfanto. Je tâchai, comme j'en avais l'ordre, de ravitailler Malte et les tles Ioniennes; des convois partirent, mais aucun n'arriva à destination : ils furent pris ou livrés.

Je demandais au gouvernement français l'évacuation de Naples et de Rome, en conservant les forteresses. Si nos troupes sont victorieuses sur l'Adige, disais-je, elles auront besoin de remplacer leurs pertes; si elles sont battues, il faudra des renforts et les soutenir; aucunes troupes ne sont plus rapprochées que les miennes, et d'ailleurs celles-ci, dans le dernier cas, seraient coupées de toute communication; enfin, dans le premier cas, je pourrais revenir, à la faveur de l'appui des forteresses, et réoccuper les deux États. Mais c'était un principe de tout garder et de ne pas céder même aux circonstances de danger imminent un pouce de terrain ; mes observations furent rejetées.

Néanmoins, prévoyant que cet événement pouvait arriver, je continuai mes préparatifs, sous le prétexte de la nécessité d'une concentration pour parer à ce qui pourrait survenir sur les côtes de la Méditerranée, de l'Adriatique, et dans Tintérieur. Je désignai un lieu que je n'avais nullement l'intention d'occuper, persuadé que je recevrais de certains intérêts particuliers de vives remontrances; elles ne manquèrent point; j'eus l'air de

céder et l'art de me faire indiquer la position qu'il m'était convenable de prendre, en avant de Caserte, sur la rive gauche du Volturno. 11 était plus militaire sans doute de passer sur la droite, mais c'eût été dévoiler mon plan; d'ailleurs, je n'avais pas d'armée devant moi et j'étais toujours à temps de traverser le fleuve.

Je fis approvisionner les forts de Naples, Capoue, Gaëte, le fort Saint-Ange à Rome, Civita-Vecchia, Givita- Castellana et Ancône. Rome manquait de vivres; la famine commençait à s'y faire sentir : j'y envoyai des provisions. La garde nationale de Naples et les lazzaroni furent augmentés; j'en passai la revue; ils prirent le service et je retirai mes troupes. Je rappelai les divisions des provinces et concentrai tout devant Caserte, où j'établis mon quartier. Enfin je fis faire en notre faveur le miracle de saint Janvier, auquel j'assistai; j'en donnerai une autre fois la description, ne pensant point qu'aucune personne ait été à portée de l'observer comme moi et le commissaire Abrial. J'avais bien pris mes mesures, à cause de l'immense afQuence, pour que la tranquillité ne fût pas troublée. Le camp de Caserte fut mis en mouvement, entoura Naples pendant la cérémonie, et les troupes ne revinrent que le soir. Cet appareil et d'autres démonstrations analogues maintinrent l'ordre dans cette capitale et tinrent en respect les environs. On bâtait plus facilement l'approvisionnement des forts et forteresses, ainsi que celui destiné pour Rome; mais il était plus difficile de maintenir les communications, surtout avec les provinces de l'Adriatique; il y fallait de fortes escortes, et des colonnes mobiles se montraient partout.

Pendant ces arrangements et préparatifs, qui n'excitèrent pas le moindre soupçon, je faisais évacuer sur Rome et de là en Toscane toutes les inutilités, tout ce

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