‹ Souvenirs du Maréchal Macdonald, duc de TarenteChapitre 12 sur 262 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

rude campagne d'une fièvre qui faillit remporter, et dont les médecins ne purent triompher qu'au bout d'un an.

Au mois de septembre 1796, il fut envoyé sur le Rhin pour couvrir la retraite de l'armée de Sambre-et-Meuse; il y marchait de nouveau l'année suivante, lorsque la paix de Campo-Formio vint arrêter les progrès des armées françaises en Allemagne. Alors on vit arriver à Cologne le général Augereau, couvert des lauriers du 48 fructidor par-dessus les palmes de Castiglione. Le nouveau général en chef était éblouissant d*or ; il en avait jusque sur ses bottes courtes. Rempli de dédain pour cette misérable armée de Hollande, famélique et mal vêtue, il vantait les troupes d'Italie, leur bien-être, leurs exploits, les siens propres, sans nommer une seule fois le général Bonaparte; là, disait-il devant de pauvres soldats en guenilles, il n'y en avait pas un, si mauvais sujet fûtil, qui n'eût dans sa poche dix louis et une montre d'or : c C'était, remarque Macdonald, un avis pour les nôtres. > Augereau avait pour acolyte le général Lefebvre; on verra dans les Souvenirs les excentricités grossières de ce brave homme; il suffira d'en rapporter ici un trait, le plus convenable. Le général en chef avait demandé au directeur du théâtre une pièce bien révolutionnaire; on lui donna une tragédie de Voltaire, Brutus^ ou peut-être la Mort de César; le bon Lefebvre, qui croyait de bonne foi que c'était une pièce de circonstance, applaudissait de ses grosses mains, tout en bourrant du coude le flanc de son voi-

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