‹ Souvenirs du Maréchal Macdonald, duc de TarenteChapitre 16 sur 262 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

avez de mieux à faire. — Comment ! mettre bas les armes! Nous nous défendrons, nous sommes en force. — £h bien I on va vous reconduire et donner au commandant de Ponte-Molle l'ordre de sabrer ces messieurs; je vais me coucher. — Est-ce votre dernier mot? — Certainement. — En ce cas, je me rends. > C'était le chef de la colonne. La scène est jolie, une vraie panta* lonnade italienne. Le lendemain, parut un ordre du jour félicitant l'armée de ses succès; la division Macdonald y était mentionnée à peine, et tous les avancements, toutes les récompenses furent pour le quartier général. De Rome on marcha sur Capoue, qui capitula; puis, au lieu de marcher résolument sur Naples, Championnet consentit à l'octroi d'un armistice indéûni. Cette résolu* tion, prise contre l'avis formel de Macdonald, eut du moins un résultat immédiat et décisif; après une vive et dernière explication avec le général en chef, il lui offrit sa démission, qui fut aussitôt acceptée.

Quelque temps après, Tarmistice fut violé; les lazzaroni désarmèrent la garnison de Naples, s'organisèrent pour la défense de la ville, et Mack, démissionnaire comme Macdonald, fut trop heureux de se tirer sain et sauf des griffes d'une foule qui voulait l'écharper. L'armée française marcha sur Naples et s'en empara, malgré la résistance des lazzaroni. Macdonald s'y rendit en curieux, y passa huit jours, et s'en alla à Rome attendre sa destination future. Un jour qu'il faisait la sieste, un courrier l'éveilla; il était nommé, par un décret du 25 pluviôse an VII (43 février 1799), général en chef de

INTRODUCTION XYII

l'armée de Naples, en remplacement de Championnet, tombé en disgrâce. Les deux généraux se croisèrent près d'A versa, sans s'arrêter ni se parler.

Macdonald arriva de nuit à Naples, afin d'éviter la brillante réception qu'on voulait lui faire. Son commandement comprenait non seulement le royaume, devenu République parthénopéenne, mais encore la République romaine et la Toscane. C'était beaucoup de terrain, d'autant plus que les communications n'étaient pas faciles, non pas même au plus près, entre Salernc et Naples. Tout était à faire en matière de gouvernement, d'administration et de finances; Macdonald eut la bonne fortune de trouver un excellent collaborateur, le corn* missaire du Directoire, Abrial. Se déchargeant sur lui de la besogne administrative, il se livra tout entier aux soins qu'exigeait la situation militaire. L'insurrection était partout ; elle vint jusqu'aux portes de Naples, à Torre dell' Annunziata, pendant qu'une trahison livrait aux Anglais, débarqués de leur escadre, la tour de Castellamare. Leé insurgés furent battus, poursuivis jusqu'à Salerne, et la tour fut reconquise. Dans Naples même, la tranquillité était maintenue par une garde nationale, et, qui mieux est, par les lazzaroni, transformés en défenseurs de l'ordre depuis que leur chef avait été aiïublé d'un habit de colonel chargé d'or, surtout dans les poches.

C'était beaucoup, ce n'était pas assez; l'orage grondait sur toute l'Italie, des Alpes au golfe de Tarente. L'Autriche avait repris les armes, et la Russie envoyait son

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