‹ Souvenirs du Maréchal Macdonald, duc de TarenteChapitre 182 sur 262 · EN HOLLANDE · texte numérisé non relu

EN HOLLANDE

tuler. Les troupes du dehors passèrent le pont sans le détruire, ne sachant pas la cause du retard de la gar* nison à évacuer la ville; l'ennemi en profita et suivit, mais faiblement, jusqu'à mi-chemin. C'est précisément cette circonstance de la garnison enfermée qui arrêta les principales forces de l'ennemi devant la place, parce qu'il dut la croire plus nombreuse qu'elle n'était; autrement il eût pu gêner beaucoup le passage du Wahal. À Nimègue, il y avait devant la ville deux petits bâtiments armés hollandais; craignant que, par quelque nouvelle trahison, ils ne s'opposassent au retour de nos troupes, je leur donnai Tordre de descendre immédiatement le fleuve, avant qu'ils pussent apprendre ce qui venait d'arriver. Je parvins ainsi à retirer tous les détachements qui étaient encore sur la rive droite, sans être inquiétés.

J'étais entré en communication avec le général Molitor qui commandait dans la province d'Utrecht; je le rappelai; il passa dans Ttle de Bommel et vint me joindre avec quelques autres débris. Pressentant que bientôt nous serions contraints de nous retirer de Nimègue, je demandai l'autorisation d'évacuer aussi Bois-le-Duc, Wesel, Venloo, Maëstricht; on s'y refusa. En attendant la réponse à ma dépèche, je demandai au général Bourke combien de temps il lui faudrait pour faire miner et sauter les fortifications de Wesel et pour en retirer la garnison, si ses instructions l'autorisaient à déférer à un pareil ordre par moi donné. Ce n'était qu'une simple question; elle lui causa un tel effroi qu'il ne me répondit que par une demande d'entrevue; les événements qui suivirent m'empêchèrent d'y souscrire.

En demandant l'autorisation d'évacuer toutes les places, je suivais le plan de concentration que j'avais deux fois proposé, dans les mêmes circonstances, à la

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fin de 1812 et en 1813; mais, malgré la justesse de mes vues, l'expérience n'éclaira point, et les garnisons durent successivement se rendre. Cependant, par ce système, lorsque l'on ne pouvait pas espérer de secours prochain, c'était un moyen de renforcer les troupes en campagne et d'affaiblir celles de Tennemi, obligé de laisser des garnisons dans les places évacuées. Je sais bien que Taulre système a ses avantages, par exemple celui de paralyser un plus grand nombre de troupes ennemies par des sièges ou des blocus, et de se ménager des ressources et des passages, si on parvient à battre les forces adverses qui tiennent la campagne; mais, pour obtenir ces avantages, il faut avoir une armée, et lorsqu'on n'en a point ou rien que des débris, et qu'il faut des mois pour en lever une, mieux vaut recourir à l'évacuation, surtout quand les places sont éloignées, comme Zamock, Modlin, Pillau, Dantzick, lorsque Ton est rejeté en deçà de l'Elbe, et comme celles de l'Oder et de l'Elbe, quand on se retire sur le Rhin. Selon mes idées, il vaut mieux courir la chance d'être dans l'obligation de recommencer des sièges, et avoir une armée mobile, que d'être réduit à des paquets qui finissent par succomber, comme il nous est arrivé à la fin de chacune de nos dernières campagnes.

On me mandait toujours de tenir bon; mais sur un si grand développement qu'était mon commandement et avec de si faibles moyens, je ne pouvais qu'observer le Rhin et non en défendre le passage. L'ennemi en fit l'essai à Dusseldorf et surprit la petite garnison de Neuss; j'y accourais lorsque, en chemin, j'appris que ce n'était qu'un coup de main et que l'ennemi avait repassé le fleuve. Il en fit autant sur plusieurs points; tout cela était insignifiant, mais c'était pour moi un avertissement d'agir avec circonspection, pour ne pas m'exposer à être

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