INTRODUCTION XXI
ment eut lieu, le 12 juin 1799; un corps autrichien fut mis en déroute et Modène occupé. Après le combat, Macdonald se tenait sur la route de Bologne, attendant Montrichard dont on n'avait pas de nouvelles, quand un détachement de cavalerie autrichienne, égaré, poursuivi, serré de près, déboucha tout à coup d'un chemin de traverse. Pris entre cette troupe et un bataillon français qui sortait de Modène, le général en chef n'eut pas même le temps de mettre le sabre à la main; renversé, blessé grièvement à la tète, foulé aux pieds des chevaux, il demeura gisant, sans connaissance. Il ne revint à lui qu'au bout de trois heures; parmi les généraux qui l'entouraient, le premier qu'il aperçut fut enfin Montrichard. < Voilà votre ouvrage, lui dit-il; si vos troupes avaient pris part à l'action, cet accident ne me serait pas arrivé. » Montrichard donna pour excuse que le régiment en tète de colonne n'ayant point de cartouches, il avait fallu attendre, pour l'approvisionner, le parc d'artillerie qui marchait en queue, c Comment, s'écria Macdonald, des régiments en campagne sans cartouches! et vous ne vous en êtes pas assuré! Tous étaient-ils aussi sans cartouches? — Non, celui de tête seulement. — Mais comment ne l'avez-vous pas jeté de côté pour faire avancer les autres? Peu s'en est fallu que nous ayons été repoussés par votre faute. » Il baissa les yeux et ne répondit pas. c J'aurais très sagement fait alors, a dit Macdonald, de lui retirer son commandement; nous nous serions épargné bien des événements fâcheux dont il fut cause; mais il était de l'armée d'Italie. >