XXII INTRODUCTION
Voilà donc le général en chef, meurtri, brisé; il voulut remettre le commandement à Tun de ses lieutenants; tous se récusèrent; ils dirent que la jonction des deux armées devant bientôt se faire, Moreau le prendrait tout naturellement. On marcha vers les points de rendezvous, Parme ou Plaisance; ce fut là qu'on fut joint par le général Victor. 11 remit à Macdonald une lettre de Moreau, toute pleine d'hésitation et d'incertitude; déboucherait-il parCastelnuovo comme venait de faire Victor? ou parBobbio? ou enûn par la Bocchetta? Il n'en savait rien encore, mais il annonçait son mouvement pour le 20 ou le 21 prairial; or, on était au 26; il devait donc être en marche et déjà très avancé, peut-être en action même.
Deux rivières, ou plus exactement deux ruisseaux torrentueux, le Tidone et la Trebbia, courent parallèlement du sud au nord, de l'Apennin vers le Pô, en amont de Plaisance; c'est entre les deux que l'armée prit position, le 29 prairial (17 juin). I/ennemi était en vue; quelques coups de canon furent échangés, les premiers de cette bataille de la Trebbia qui devait durer trois jours. Retenu à Plaisance, Macdonald entendait le feu; qu'est-ce que son avant-garde pouvait avoir devant elle? Un détachement, tout au plus un corps d'observation ; car, si l'ennemi s'était retourné pour lui faire face, Moreau avait dû nécessairement l'arrêter en menaçant son flanc droit ou ses derrières. Cependant le feu augmentait; une division qui avait voulu franchir le Tidone avait été refoulée sur les autres. Le soir venu, on se mit en ligne sur la Trebbia. Les incidents de la journée