‹ Souvenirs du Maréchal Macdonald, duc de TarenteChapitre 22 sur 262 · INTRODUCTION XXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXIII

avaient amené rennemi à déployer ses forces; plus de doute, on avait devant soi Souvorof et Mêlas, Tarmée austro-russe tout entière. Fallait-il donc se retirer? C'eût été le plus sage; mais si l'on se retirait et que Moreau survenant, ne trouvant plus Tarmée de Naples, fût écrasé par l'ennemi, ne crierait-on pas à la trahison? Après une nuit d'angoisse physique et morale, Macdo- Dâld se fit porter auprès de ses troupes; tout paraissait calme, lorsque, vers midi, cinq longues colonnes d'infanterie flanquées d'une cavalerie nombreuse apparurent et se jetèrent en hurlant sur la ligne française; en dépit de leurs efforts qu'elles renouvelèrent plusieurs fois, il ne leur fut pas possible de la forcer. Le soir vint; on prêtait l'oreille; le canon de Moreau ferait peut-être entendre ses détonations lointaines; rien. Malgré l'infériorité de ses forces, Macdonald avait résolu de prendre roffensive; l'armée la désirait. L'attaque devait commencer le i" messidor (19 juin), à neuf heures du matin; elle ne put commencer qu'à midi, parce que la division Montrichard mit trois heures à prendre sa place au centre de la ligne; la droite et la gauche avancèrent, faisant reculer l'ennemi; tout à coup le centre plia; une trouée se fit et les ailes victorieuses durent rétrograder. Il fallut, comme la veille, reprendre la défensive, et la défensive fut, comme la veille, inébranlable; l'ennemi se heurta contre une muraille d'acier. Sauf la défaillance momentanée du centre, l'armée s'était admirablement conduite; mais elle avait fait des pertes énormes; presque tous les généraux et officiers supérieurs étaient

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