‹ Souvenirs du Maréchal Macdonald, duc de TarenteChapitre 23 sur 262 · XXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXIV INTRODUCTION

plus ou moins grièvement blessés. Si la bataille de la Trebbia n'était pas une victoire, elle n'était pas davantage une défaite; pour le plus grand nombre de ceux qui y avaient eu part, elle restait glorieuse.

Fallait-il tenter une quatrième épreuve? Oui, s'il survenait quelque nouvelle de Moreau ; il n'en vint aucune. Sur Tavis unanime de ses généraux, Macdonald ordonna pour minuit la retraite, les feux de bivouac restant allumés, les grand'gardes à leurs postes. Par un malencontreux retard, analogue à celui de Montrichard la veille, le général Victor ne mit en mouvement sa division qu'à six heures du matin, tout à la vue de l'ennemi qui commença la poursuite ; il fallut que les premières troupes qui avaient une avance de six heures ûssent demitour pour le contenir, dégager Victor et ramener son artillerie abandonnée. Arrivé le soirà Borgo-San-Donino, sans avoir été inquiété davantage, Macdonald fit appeler le général Victor; celui-ci, qui ne se souciait pas d'une explication pénible, répondit qu'accablé de fatigue, il 8*était couché, c Tranquillisez-vous sur votre artillerie, lui fit dire le général en chef; le détachement que j'envoyai à votre secours, lorsque vous en fftes la demande, et qui, sur le point où vous deviez être, ne trouva ni amis ni ennemis, Ta ramenée sans opposition ; je vous la ferai remettre à la première rencontre. » L'observation n'était que juste ; Victor la trouva ironique; devenu plus tard maréchal de France, duc de Bellune, ministre de la guerre, il ne Tavait pas encore pardonnée à Macdonald; elle lui était restée sur le cœur.

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