‹ Souvenirs du Maréchal Macdonald, duc de TarenteChapitre 24 sur 262 · INTRODUCTION XXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXV

Le 2 messidor, le jour même où l'armée de Naples quittait les rives sanglantes de la Trebbia, Moreau s'était décidé seulement à déboucher de Gènes parlaBocchetta; après s'être heurté au corps autrichien du général Bellegarde, il était rentré dans la montagne. Exécutée cinq ou six jours plus tôt, cette simple démonstration, en reteoant ou rappelant en arrière la moitié des forces ennemies, aurait peut-être donné la victoire à Tarmée de Naples. c Jamais, dit Macdonald, le général Moreau n'a expliqué sa conduite, quoique je l'en aie souvent pressé, verbalement, par écrit, ofliciellement, sommé publiquement. Pourquoi ces délais? Certes, il n'y avait pas de mauvaise intention de sa part, mais bien de l'hésitation qui était de sa nature. Quant à ses conseillers, c'est autre chose ; parmi eux, il y en avait un surtout — Gouvion Saint-Cyr — qui, avec plus d'influence et une injuste animosité contre moi, a le plus puissamment contribué, comme on me l'a dit depuis, à augmenter cette hésitation naturelle. Peu importent les résultats pour la chose publique, pourvu que Ion satisfasse ses passions ! >

L'armée de Naples continuait sa retraite; elle eut, pour se procurer des vivres, avant de repasser l'Apennin, quelques petits combats sans importance. Macdonald reprit à Pistoïa son ancien quartier général. C'est de là qu'il adressa au Directoire, en même temps que son rapport officiel, une demande de congé, c J'ignore, écrivaitil au ministre de la guerre, quelle sera l'opinion du gouvernement et la vôtre. Quant à moi, je n'ai aucun reproche à me faire; j'en atteste l'armée qu'on peut

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