‹ Souvenirs du Maréchal Macdonald, duc de TarenteChapitre 29 sur 262 · XXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXX INTRODUCTION

sera à Bruck. Si l'armée d'Italie va bien Je pourrai aller où on voudra; mais si elle n'a pas de succès, il faudra que je m'arrête pour assurer ma droite. Adieu, je t'embrasse et suis ton ami. »

Les obstacles que Moreau avait prévus pour Macdonald, sans les croire aussi considérables, étaient venus moins de Topposition de Tennemi que de la résistance de la nature. L'armée des Grisons avait eu à franchir le massif des Alpes Rhétiennes dans sa plus grande épaisseur, à travers les neiges, par-dessus les glaciers, sous la menace des avalanches; un escadron de dragons avait été ainsi entraîné, englouti tout entier dans l'abtme; beaucoup d'isolés avaient disparu ; mais il y avait tout autant de péril, sinon davantage, à reculer qu'à marcher en avant; on marchait donc, Macdonald donnant Texemple, en tête de la colonne. Enfin on atteignit le sommet du Splugen, on contourna le Tonal, puis on descendit par Tautre versant, jusque dans la vallée de l'Adige. Devant cette marche audacieuse, incroyable, l'ennemi avait évacué le Vorarlberg et le Tyrol.

Après la conclusion de la paix à Lunéville, entre l'Autriche et la France, Macdonald, qui avait hiverné à Trente, ramenait son armée par la haute Italie, lorsque^ chemin faisant, il reçut une nouvelle absolument inattendue; il était nommé envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire à Copenhague I Certes, si quelqu*un était le moins fait pour la diplomatie, c'était lui assurément; une franchise souvent désespérante, un manque absolu de souplesse, aucun art de sourire et de feindre agréa-

Page 1