INTRODUCTION XXXI
blement, en un mot le caractère le plus antidiplomatique. C'était au mois de mars i80i. Il arrive, se récriant ; on lui dit que la mission est plus militaire qu'autre chose : le Danemark, violenté moralement par l'Angleterre en attendant qu'il le soit matériellement, a fait demander un général français pour diriger sa défense. Sous ce point de vue, la désignation était flatteuse; mais avant qu'il fût même à Paris, le malheur était fait, Copenhague bombardé, le Danemark éperdu. N'importe; le Premier Consul voulut que Macdonald partît; il n'était pas impossible que l'alliance défensive de la Russie, de la Suède et de la Prusse ne se renouât en faveur de l'intéressant petit royaume. Il partit donc; en passant à Berlin, il apprit que la Russie avait fait son entente avec l'Angleterre; n'importe, il reçut Tordre de poursuivre; à Copenhague, on était en armistice, on négociait; il n'y avait plus pour lui rien à faire; n'importe, on le retint dans cette sorte d'exil cinq mois encore; il avait fort à-^se louer des Danois; mais leur bon accueil ne lui faisail pas oublier la France. Quand le traité d'Amiens eut rétabli une apparence d'accord avec l'Angleterre, il se crut au bout de sa peine : point, voici qu'on lui offre l'ambassade de Russie; énergiquement il refuse, et finit par obtenir son rappel.
c Je soupçonnais vaguement, a-t-il dit, que M. de Talleyrand avait des raisons que je ne pouvais pénétrer de me tenir éloigné. Je lui en avais écrit vertement; toutefois, comme on pouvait m' avoir prévenu contre lui ou l'avoir indisposé contre moi, je lui rendis visite. Sa récep-