‹ Souvenirs du Maréchal Macdonald, duc de TarenteChapitre 31 sur 262 · XXXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXII INTRODUCTION

lion fut froidement polie; je lui en fis vivement sentir l'inconvenance devant sa femme et quelques personnes; je sortis brusquement, et depuis lors j'ai cessé toute relation avec ce personnage qui, par la suite, a dégradé de plus en plus son nom, son existence et sa position. Il a bien fait de temps i autre quelques tentatives de rapprochement, mais inutilement; j'avais jugé la sécheresse de ses affections. Cependant, à la cour impériale comme à celle des Bourbons, son esprit souple, ses insinuations, ses intrigues avaient plus d'une fois satisfait l'ardeur de son ambition; mais enfin mieux connu et apprécié, tous les partis se sont comme entendus pour le jeter de côté et le laisser jouir d'une charge à peu près insignifiante par ses fonctions (i) et vivre de regrets, si ce n'est de remords. Je m'étends trop longuement, je le sens, sur ce personnage, mais c'est parce que j'ai la conviction qu'il m'a beaucoup nui dans l'espritdu Premier Consul, en lui donnant des préventions et en insinuant que j'étais l'ennemi de son pouvoir. •

En eiïet, Macdonald fut, dès 1801, dans une sorte de disgrâce et, trois ans après, plus qu'en disgrâce, puisqu'on essaya de l'impliquer dans le procès de Moreau; c mais, dit-il, on reconnut apparemment que j'avais la conscience trop nette là-dessus, et on se borna à me surveiller, à épier toutes mes actions; du reste, on me laissa tranquille •. L'Empire fait et proclamé, des maréchaux furent créés; naturellement il ne fut pas du

(1) La charge de grand chambeUaD.

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