INTRODUCTION XXXIII
nombre, c II fallut, dit-il, me contenter de croire et de penser que j'avais mérité de figurer sur la liste; avec la fierté naturelle à mon caractère, jointe au sentiment que j'étais l'objet d'une injustice, je ne fis aucune démarche pour détruire de fausses préventions; je m'en suis applaudi plus tard, les circonstances m'ayant assez favorisé pour arracher le bâton de maréchal à la pointe de mon épée, à la bataille de Wagram. t Cependant, lorsque fut instituée la Légion d'honneur, il fut, à sa grande surprise, nommé grand officier : c Dans la position préventive où je me trouvais, dit-il, c'était en quelque sorte une faveur, i
Il venait d'acheter la terre de Courcelles; il y vivait en campagnard, épris d'agriculture, suivant en imagination, non sans regrets, la course victorieuse des armées françaises, mais convaincu que la carrière des armes ne se rouvrirait plus jamais pour lui. Un certain jour du mois de mars 1807, il reçut tout à coup du ministre de la guerre l'avis qu'il était autorisé à se rendre à Naples pour y être à la disposition du roi Joseph. Autorisé? Comment? il n'avait jamais demandé cette autorisation, ni aucune autre. Des amis bien intentionnés sans doute, mais maladroits, l'avaient demandée ou fait demander, à son insu, par le roi de Naples; en effet, il avait commandé par là, il pouvait donc y rendre de véritables services ; assurément, mais à quel titre ? Non point comme général appelé à commander des troupes françaises, mais comme fonctionnaire ou général napolitain, c Mon sang frémit encore d'indignation,