INTRODUCTION XXXV
cinq années d'inaction et de disgrâce, Macdonald voyait se rouvrir inopinément devant lui une carrière qu'il avait cru irrévocablement fermée.
Dès son arrivée en Italie, à Milan, Macdonald ne trouva que de mauvaises nouvelles; la campagne était à peine ouverte, et déjà le prince Eugène s'était laissé battre à Sacile; l'archiduc Jean, le vaincu de Ilohenlinden, venait de prendre contre lui sa revanche. De Milan à Vérone, Macdonald ne rencontra que gens affolés, incapables de lui donner quelque information précise. A Vérone, t tout était en confusion; les blessés arrivaient en grand nombre; des fuyards, des chevaux démontés, des charrettes, des fourgons, des équipages, se croisant, s'embarrassant dans les rues, encombrant les places, enfin le hideux spectacle d'une déroute i. Le vice-roi était encore à Vicence; il accueillit Macdonald avec effusion; celui-ci le réconforta, lui conseilla de convoquer immédiatement les généraux dans lesquels il avait le plus de conHance : c Je les connais d'avance, répondit le prince; tenez, voyez, regardez; en voilà un qui se retire avec sa division; il n'a pas pris part à l'action, et c'est Tun des plus pressés et qui tient le plus de mauvais propos. • C'était le général Lamarque. La réunion eut lieu, fâcheuse, désolante; Macdonald eut beau dire pour relever les cœurs, ii fallut rétrograder jusqu'à