XXXVI INTRODUCTION
TAdige. Cependant rarchiduc ne profitait pas de sa victoire; sa marche lente, presque timide, donna du répit à Tarmée française qui se refaisait, se réorganisait, réparait ses pertes.
Il y avait encore dans ses rangs beaucoup de soldats de l'ancienne armée de Naples; ils avaient vu avec satisfaction l'arrivée de Macdonald, et la confiance qu'ils témoignaient gagna les camarades. Cependant à quel titre était-il dans cette armée? A vrai dire, il aurait dû y être le chef d'état-major général; mais la fonction était occupée par le général VignoUe, un bon officier à qui le vice-roi aurait été désolé de faire de la peine. Le prince Eugène était bon, intelligent, très brave, mais sans expérience, effrayé de sa responsabilité et ployant sous le faix du commandement, il avait besoin d'un mentor; il le sentait; TEmpereur lui en donnait un; il l'accepta sans dépit, sans arrière-pensée, avec reconnaissance. Le mentor était franc jusqu'à la rudesse; mais la franchise était aussi une des bonnes qualités du prince. Pour faire à Macdonald une situation digne de lui, il lui donna le commandement d'un corps formé de deux divisions d'infanterie et d'une brigade de cavalerie légère. En toute occasion il prenait ses conseils, sans les suivre toujours, au moins jusqu'au bout; Macdonald l'exhortait, le poussait à entreprendre; mais lui, hanté par le mauvais souvenir de Sacile, commençait bien, puis hésitait, devenait craintif et s'arrêtait. L'ennemi, de son côté, n'était guère moins hésitant; de part et d'autre on attendait avec anxiété les nouvelles d'Allemagne; c'était
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là que se jouait la grosse partie, celle qui devait être décisive; en Italie, le jeu, qui avait bien son intérêt, n'était pas d'une aussi grande importance.
Un jour, dans une reconnaissance, Macdonald aperçut à l'horizon, en arrière des lignes autrichiennes, un grand mouvement de chariots et de bagages, c Nous sommes victorieux en Allemagne, dit-il au vice-roi, l'ennemi se retire. » Il voyait juste : c'était le contrecoup d'Eckmûhl et de Ratisbonne. On reprit l'offensive; le passage de la Piave fut exécuté de vive force; il s'ensuivit un grand combat à la fin duquel Macdonald courut au prince et lui dit : t Voyez-vous Taile droite de l'ennemi qui se retire précipitamment? Je vais lui couper la retraite, et ce soir je vous fais présent de dix mille prisonniers. Portez-vous à notre gauche, faites un simulacre d'attaque, pendant que je fais avancer la droite. » Nous nous séparâmes, ajoute Macdonald, plus satisfaits l'un de l'autre, ce qui pourtant ne dura guère; à peine eut-il fait commencer le mouvement de la gauche que quelques coups de canon l'arrêtèrent, et il donna l'ordre d'en faire autant au centre et à la droite ; nous manquâmes ainsi notre opération. Il me dit que l'ennemi paraissait vouloir se défendre et qu'il ne voulait pas compromettre l'armée; j'eus beau lui représenter que ces coups de canon n'avaient eu d'autre objet que de couvrir la retraite précipitée de l'aile droite; il n'en tint pas compte. « En ce cas, lui dis-je, je ne me môle plus de rien; vous commandez, donnez des ordres, je les exécuterai. > Le lendemain, j'accompagnai le prince