XXXVIII INTRODUCTION
jusqu'à la ville de Conegliano; l'un des principaux fonctionnaires lui dit : c Ah! monseigneur, si vous aviez seulement poussé hier deux escadrons, vous eussiez coupé toute l'aile droite des Autrichiens; elle fuyait pôle-môle dans le plus grand désordre, et cette fuite a duré toute la nuit. » Le prince me regarda tristement; un sourire fut ma seule réponse. >
A partir d'Udine, Tarmée fut divisée; le gros, sous le commandement du vice-roi, devait suivre en Carinthie les traces de l'archiduc Jean; Macdonald, détaché avec son corps, eut pour mission particulière d'opérer dans ristrie, la Carnioie et la Styrie, de prendre Goritz et Trieste, et de favoriser la marche du général Marmont qui amenait de Raguse l'armée de Dalmatie; il avait toute liberté d'action, et comme on dit, carte blanche. Ses opérations ne furent qu'une suite de succès. A Laybach, la fortune lui réservait une de ses plus insignes faveurs; il y avait là un fort et un camp retranché dont il lui était impossible d'avoir raison, n'ayant pas l'artillerie suffisante; il s'était donc borné à des démonstrations plus ou moins menaçantes et se disposait à tourner de nuit l'obstacle insurmonté, lorsqu'à dix heures du soir, un parlementaire lui apporta la capitulation de la place : c Vous faites bien, dit-il avec un grand sérieux, j'allais donner l'assaut! » Quelques jours après, il rejoignit à Gratz le prince Eugène et le gros de l'armée d'Italie. Il avait pris plus de dix mille hommes, cent pièces de canon, des drapeaux, des armes, des munitions, des magasins immenses. L'Empereur lui