XL INTRODUCTION
suivre, avec la majeure partie de son corps, le prince Eugène en Hongrie. Il était en réserve à Papa, lorsque, mis en éveil par des détonations lointaines, il prit sur lui de marcher immédiatement au canon, et ce fut bien fait, car au tiers du chemin il vit arriver à bride abattue un ofQcier du vice-roi qui l'appelait au plus vite sur le champ de bataille de Raab. Ses troupes, même en forçant de marche, pourraient-elles arriver à temps? Il prit le galop : c Aht s'écria le prince en le voyant paraître, j'ai eu bien tort de vous laisser à Papa; vous nous seriez bien utile dans la situation critique où je me trouve. — Rassurezvous, voici mon corps d'armée. » Malgré les inquiétudes du prince, la bataille était gagnée aux trois quarts; la vue de ce renfort qui survenait acheva de décourager Fennemi; dans la nuit, il se retira vers Komorn. On le suivit, mais on n'avait pas les moyens indispensables pour attaquer cette forte place, et tout ce qu'on essaya pour détruire le pont qu'elle couvrait sur le Danube demeura inutile. Enfin l'ordre vint à l'armée d'Italie de rallier sous Vienne l'énorme rassemblement de forces qu'y avaient fait converger la persévérance et le génie de l'Empereur. Après une marche de soixante lieues en trois jours, elle arrivait, le 4 juillet, à neuf heures du soir, au grand quartier général d'Ebersdorf; pendant la tempête historique de cette nuit fameuse, elle passa dans l'tle de Lobau.
Le 5 juillet, à six heures du matin, les troupes, réchauffées par un soleil radieux, se déployaient comme un large éventail sur la rive gauche du Danube. L'armée d'Italie était d'abord en seconde ligne; l'Empereur passa