XLIV INTRODUCTION
des pièces abandonnées que leurs conducteurs, ramenés à coups de plat de sabre par les cavaliers autrichiens, rattelaient à la hâte. Nansouty parut enûn, trop tard. N'importe, la manœuvre superbe de Macdonald avait porté coup, et c'était maintenant l'archiduc Charles qui voyait son centre rompu, brisé, refoulé en désordre.
Pendant que Nansouty s'efforçait de regagner le temps perdu, Macdonald avait fait halte pour faire serrer les files un peu décousues, en attendant du renfort. Un général qu'il ne connaissait pas, et qui ne le connaissait pas davantage, vint à lui pour lui témoigner son admiration; ils se nommèrent l'un à l'autre. C'était le général Walther, de la garde, c Est-ce vous, lui demanda Macdonald, qui commandez cette belle et nombreuse cavalerie que je vois en arrière? — Moi-même. — Eh I poui^ quoi donc n'avez-vous pas chargé l'ennemi au moment décisif? L'Empereur devra être et sera très mécontent de l'inaction de sa cavalerie. — Dans la garde, répondit l'autre, il nous faut des ordres directs de l'Empereur ou de notre chef, le maréchal Bessières; or, comme le maréchal était blessé, il n'y avait plus que l'Empereur, et il ne nous a rien fait dire. » « J'appris plus tard, ajoute Macdonald, que l'Empereur avait fort maltraité ce général ainsi que d'autres de sa garde ; mais le premier tort était à lui-même; il n'aurait pas dû oublier la restriction qu'il avait imposée. •
Le renfort était arrivé ; c'était la division bavaroise du général de Wrède et la cavalerie légère de la garde. Macdonald reprit son mouvement à la poursuite des Autri-