‹ Souvenirs du Maréchal Macdonald, duc de TarenteChapitre 41 sur 262 · INTRODUCTION XLV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XLV

chiens; au village de Sussenbrûnn, il parvint à couper Tarrière-garde et à faire une bonne capture, cinq ou six mille hommes et dix pièces de canon; mais une forte réserve, postée sur une hauteur, lui opposa une vive résistance. La nuit s'était faite; ce feu soutenu et Tincendie du village qui éclairait l'horizon étonnèrent l'Empereur; il envoya aux nouvelles. Toute l'armée, dès cinq heures du soir, avait reçu l'ordre d'établir ses bivouacs; on avait oublié d'en donner avis à Macdonald. Ses troupes passèrent la nuit sous les armes; quant à lui, atteint pendant la journée d'un coup de pied de cheval, il s'était couché sur une botte de paille dans une maison à moitié détruite.

Il était encore étendu, le lendemain matin, sur ce lit de campagne lorsqu'il vit entrer un ofQcier d'ordon* nance qui venait le chercher de la part de l'Empereur. Il ne pouvait marcher et n'avait plus de monture, son cheval étant blessé; l'officier d'ordonnance lui offrit le sien. L'Empereur, suivi d'un nombreux état*major, était au milieu des soldats qu'il félicitait et qui l'acclamaient. En voyant Macdonald, il vint à lui^ l'embrassa cordialement^ et tout plein de son Corneille : « Soyons amis! > Auguste avait parlé. < A la vie, à la mort! > répondit Macdonald , qui n'avait jamais été Cinna. « Vous vous êtes vaillamment conduit, reprit l'Empereur, et m'avez rendu les plus grands services comme dans toute cette campagne; c'est sur le champ de bataille de votre gloire, où je vous dois une grande partie de cette journée d'hier, que je vous fais maréchal de France; il

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