XLVI INTRODUCTION
il y a lontemps que vous le méritiez. — Sire, puisque vous êtes satisfait de nous, que les récompenses soient étendues à mon corps, à commencer par les généraux Lamarque et Broussier. — Tout ce que vous voudrez, je n'ai rien à vous refuser. > Ce fut ainsi que Macdonald se vengea du général Lamarque, lequel n'en continua pas moins de clabauder et d'intriguer, mais dont il réussit à se débarrasser peu de temps après. A peine l'Empereur eut-il tourné bride que sa suite dorée s'empressa autour du nouveau maréchal; ce furent des accolades, des serrements de mains ù n'en plus unir. Sans cette marque insigne de faveur, ils eussent bien vite passé leur chemin : telle fut la réflexion du triomphateur philosophe. Sa première visite et son premier remerciement furent pour le prince Eugène; ils se jetèrent avec une joie sincère dans les bras l'un de l'autre.
Quelques jours après, un armistice ayant été conclu, Macdonald reçut l'ordre de retourner en Styrie et d'établir son quartier général à Gratz. 11 alla en passant rendre ses devoirs à TEmpereur. c Je trouvai, ditil, à Schœnbrunn, un pays et un personnel tout nouveaux pour moi, je veux dire cette cour impériale qui me salua froidement. » C'est que l'Empereur, préoccupé ce matin-là, sans doute, l'avait froidement acueilli; cependant, il le retint à déjeuner avec Berthier et Marmont qui venait aussi d'être fait maréchal en même temps qu'Oudinot. Pendant qu'on était à table, on remit à l'Empereur une dépêche de Vandamme. Celui-ci, com-