INTRODUCTION XLVII
mandant le corps wurtembergeois, avait été dirigé sur Gratz dont il devait prendre possession, en attendant l'arrivée de Macdonald; il mandait qu'en route il avait rencontré un corps autrichien qui, appartenant à Tarmée de l'archiduc Jean, prétendait ne pas reconnaître Tarmistice ; sur quoi, une suspension d'armes avait été provisoirement convenue en attendant de nouveaux ordres. Après le déjeuner, l'Empereur avait fait entrer un grand nombre d'ofOciers généraux et autres qui étaient venus faire leur cour. « Où est votre corps? ditil très haut à Macdonald ; pressez sa marche, partez de votre personne; je mets Vandamme sous vos ordres; prenez la direction de tout, marchez sur cette armée et écrasez-la! > Cependant, ajoute le maréchal, comme je prenais congé, il me dit tout bas à l'oreille : c Soyez prudent, tâchez de ne pas rengager les hostilités; nous avons besoin de repos pour nous refaire. >
Vandamme n'était pas content; après qu'il eut remis le commandement à Macdonald, il se mit à déblatérer violemment contre les nouveaux maréchaux Oudinot et Marmont : < Il voulut bien convenir, dit ironiquement Macdonald^ que pour moi c'était juste > ; puis, il s'en prit à l'Empereur lui-même qui, à Tentendre, lui avait promis, au début de la campagne, de le faire avant trois mois maréchal et duc : < C'est un lâche, disait-il, un faussaire, un menteur; et sans moi, Vandamme, il garderait encore les cochons dans l'île de Corse! > Et cela devant une trentaine de généraux et d'offîciers supérieurs; et c'étaient, pour la plupart, des Wurtember-
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geois, des étrangers! On eut beaucoup de peine à le calmer et à le faire taire.
Il fallait cependant en Unir avec ce corps autrichien qui barrait la route. Quoique l'archiduc Charles portât le titre de généralissiaie, Tarchiduc Jean, son frère, refusait de reconnaître son autorité suprême et prétendait se soustraire à l'exécution de l'armistice général. Macdonald se montra ferme, allajusqu'àla menace, mais ne fut pas obligé d'aller plus loin, car les Autrichiens intimidés se retirèrent en Croatie et lui-même rentra sans coup férir à Gratz. L'archiduc Jean en fut pour ses velléités d'indépendance; il lui fallut, bon gré mal gré, reconnaître pour lui-même la validité de l'armistice. Enûn, après plusieurs mois de négociations pénibles, la paix définitive fut conclue à Vienne.
Après réchange des ratifications, l'Empereur s'en revint à Paris, et le prince Eugène à Milan. Macdonald prit le commandement de Tarmée dltalie; au 15 août, il avait reçu le grand cordon de la Légion d'honneur, le titre de duc de Tarente, et une dotation de soixante mille francs. Les généraux Lamarque et Broussier étaient nommés grands officiers de la Légion, et de nombreuses récompenses accordées à l'ancien corps du maréchal.
Le moment venu d'évacuer, aux termes du traité de Vienne, les provinces restituées à l'Autriche, une députation des États de Styrie, reconnaissants des soins qu'avait pris Macdonald pour ménager le pays et maintenir parmi ses troupes une discipline exemplaire, vint