‹ Souvenirs du Maréchal Macdonald, duc de TarenteChapitre 46 sur 262 · INTRODUCTION LI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION LI

les Russes; l'arrière-garde , composée de la majeure partie du contingent prussien et commandée par le général York, avait jusque-là suivi exactement le gros à une journée de distance; à Tilsitt, Macdonald l'attendit vainement pendant cinq jours; il envoyait de tous côtés aux nouvelles; on ne savait rien du général York, c'était comme un mot d'ordre. Macdonald s'était bien aperçu depuis quelque temps d'un refroidissement notable dans la correspondance du général, mais il n'en était pas encore à suspecter sa conduite. L'état-major était d'avis de poursuivre fti retraite sans plus attendre; déjà les Busses avaient passé le Niémen, et d'un moment à Tantre ils pouvaient couper la route de Kœnigsberg : « Si j'avais été» dit Macdonald, moins confiant dans les sentiments d'honneur que j'accordais aux autres, l'attitude des Prussiens qui étaient avec moi m'aurait dessillé les yeux sur ce qui se tramait alors; loin d'être inquiets sur le sort de leur arrière-garde, ils paraissaient ne pas s'en occuper. » Mais de même qu'à la Trebbia il avait craint, s'il se retirait, d'être accusé d'abandonner Moreau, de même sur le Niémen, il ne voulait pas qu'on l'accusât d'avoir abandonné son arrière-garde : c Je déclarai positivement, dit-il, que ma vie, ma carrière, ne serait jamais entachée du reproche d'avoir commis la lâcheté d'abandonner une troupe confiée à mes soins. > Cette loyauté faillit lui coûter cher.

Il y avait, chez les Prussiens, des symptômes d'insubordination; ils devenaient arrogants, exigeants; ils demandaient le partage des contributions de la Cour-

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