‹ Souvenirs du Maréchal Macdonald, duc de TarenteChapitre 47 sur 262 · LU INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LU INTRODUCTION

lande. Un matin, dès le point du jour, — c'était le 31 décembre — le colonel du génie Marion entra chez le maréchal, pensant qu'il avait enfin des nouvelles du général York; sur la réponse négative de son chef: c Je le croyais, reprit-il; comme, d'après vos ordres, je faisais sonder la glace, j'ai vu tous les Prussiens retraverser précipitamment le Niémen ; je pensais que vous les envoyiez au-devant de l'arrière-garde. Le général Massenbach, en passant, m'a remis ces deux lettres pour vous. — Ciel ! s'écria le maréchal, nous sommes trahis, peut-être livrés; mais nous vendrons cher notre vie. > York avait fait défection; il avait traité, la veille, avec le général russe Diebitch ; voici un fragment sec de sa lettre à Macdonald : f Quel que soit le jugement que portera le monde de ma conduite, j'en suis peu inquiet : le devoir envers mes troupes et la réflexion la plus mûre me la dictent; les motifs les plus purs, quelles qu'en soient les apparences, me guident. > La lettre de Massenbach était plus émue : c Votre Excellence pardonnera que je ne sois pas venu moi-même l'avertir du procédé; c'était pour m'épargner une sensation très pénible à mon cœur, parce que les sentiments de respect et d'estime pour la personne de Votre Excellence, que je conserverai jusqu'à la fin de mes jours, m'auraient empêché de faire mon devoir. »

Il y avait, au quartier général, un peloton d'escorte fourni par la cavalerie prusienne; dans la hâte de leur défection, les Prussiens avaient oublié de l'avertir. Quand l'officier commandant entra le matin chez le

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