INTRODUCTION LUI
maréchal pour recevoir des ordres, à son attitude calme il fut facile de voir qu'il ne se doutait de rien; il n'entendait pas le français ; Macdonald lui fit dire en allemand ce qui venait d'arriver ; alors il changea de couleur et des larmes d'indignation jaillirent de ses yeux. Il Youlait à toute force suivre le maréchal; le maréchal s'y refusa, donna l'ordre de sonner à cheval, remercia Tescorte de son zèle, de sa fidélité, de son attachement, fit donner aux cavaliers six cents francs de sa propre bourse, autant à l'officier pour un cheval qu'il garda, et, malgré les instances de ces hommes, les renvoya vers leurs compatriotes. Ceux-là, du moins pour leur part, avaient voulu sauver ce qui restait de l'honneur prussien.
La générale avait été battue; Français, Polonais, Westphaliens, Bavarois, quatre ou cinq mille hommes environ, se rassemblèrent en hâte; ils marchèrent pendant vingt-deux heures sans discontinuer, sous la pluie, dansTeau, par la nuit la plus noire; ils réussirent à gagner la forêt de Boemwald; il était six heures du matin ; dans la journée, il n'y eut qu'une courte canonnade à l'arrière-garde. Enfin, on atteignit Kœnigsberg; là se trouvait une division de conscrits tout récemment arrivés de France ; Macdonald la réunit à ses troupes et continua sa retraite sur Elbing. Il y trouva le roi de Naples, qui lui enjoignit de se rendre à Dantzig, d'y laisser toutes ses troupes à la disposition du général Rapp, gouverneur de la place, et d'aller de sa personne au grand quartier général attendre de nouveaux ordres.