LX INTRODUCTION
Un matin, il vit entrer chez lui un officier d'ordonnance chargé par l'Empereur de lui demander son avis sur ce que, les circonstances étant données, il serait à propos de faire. Maldonald montra le soldat mourant de faim, l'armée sans vivres, presque sans munitions, s'affaiblissant tous les jours ; dans ces conditions défavorables, le plus sage parti était d'évacuer les places de l'Oder et de l'Elbe, en laissant une forte garnison à Leipsick, et de se retirer derrière la Saale. L'officier s'effraya de rapporter à l'Empereur un pareil avis : c Allez, lui dit le maréchal ; l'Empereur en comprendra l'importance; il me saura gré de ma franchise. » Quelques heures après le messager revint; l'Empereur, qui était au bain, Tavait fait entrer, avait prêté une grande attention à son rapport et s'était borné à dire que la Saale n'étant pas une bonne position défensive, il n'y en avait pas de meilleure que le Rhin : « Nous irons sur le Rhin, allez dire cela au maréchal. > Macdonald ne pouvait croire à tant de sagesse; à peine Tofilcier était-il parti qu'un autre survint, apportant l'ordre de marcher immédiatement, non pas à l'ouest, dans la direction du Rhin, mais du côté justement opposé, vers l'ennemi. Macdonald marcha donc, laissant un peu en arrière de son infanterie ses pièces de position au sommet d'une colline. L'ennemi occupait les hauteurs de Bischofswerda; au loin, sur la droite, on apercevait une faible ligne de cavalerie. Pendant les premières attaques, Macdonald, mandé par l'Empereur, le trouva sur cette colline où était son artillerie, aidant à la mettre en batterie et pous-