‹ Souvenirs du Maréchal Macdonald, duc de TarenteChapitre 56 sur 262 · LXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXII INTRODUCTION

On a fait cent récits de la bataille et de la retraite de Leipsick; je n'en connais aucun d'aussi émouvant, d'aussi poignant que le récit de Macdonald. Ce qui me frappe avant tout, c'est l'attitude de l'Empereur; il paraît comme un homme qui vient de recevoir un coup de massue ou qui vient de faire sur la tète une grande chute. Il est étourdi, étonné, affaissé; cela durera jusqu'à ce qu'il ait touché la terre de France; alors il retrouvera, comme Antée, la force, la lucidité, l'activité, tout le génie de sa jeunesse; aux immortelles campagnes d'Italie il donnera comme pendant ses succès foudroyants, mais, hélas! remportés vainement, en Champagne. De ce que j'ose avancer je vais donner quelques preuves.

Le dernier jour de la bataille, le 19 octobre, le matin même de la retraite, Macdonald, acculé au boulevard de Leipsick, reçoit tout à coup l'ordre d'envoyer, sur sa droite, au secours du maréchal Augereau; à peine a-t-il assez de monde pour tenir tète à l'ennemi qui le presse; néanmoins, il détache une brigade de la division hessoise; au bout d'une demi-heure, la brigade revient; là où on l'envoyait, elle n'a trouvé ni amis ni ennemis; mais alors, montant sur le rempart, elle fait ce qu'ont fait, la veille, les Saxons du corps de Reynier, elle tire de haut en bas sur les Français I < Quand j'eus, l'année précédente, à subir la défection des Prussiens, s'écrie avec indignation Macdonald, ils eurent au moins la pudeur de ne pas faire feu immédiatement sur nousl » Le lendemain, dans le désarroi de la retraite, il rencontre

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