INTRODUCTION LXIII
par hasard Augereau; il lui demande l'explication de ce qui s>st passé la veille, lorsqu'on est venu lui donner l'ordre de secourir un camarade, et voici ce qu'Augereau
lui répond : < Est-ce que le b sait ce qu'il fait? Ne
vous en ètes-vous pas aperçu déjà? N'avez-vous pas remarqué, dans les derniers événements et dans la catastrophe qui les a suivis, qu'il avait perdu la tête? Le lâche I il nous abandonnait, nous sacrifiant tous, et me croyez-vous assez fou ou assez bête pour me faire tuer ou me faire prendre pour un faubourg de Leipsick? Il fallait faire comme moi, vous en aller. » Quand, jadis, Yandamme injuriait Napoléon, c'était, du moins, après une victoire, après Wagram.
Dès la veille, Macdonald avait pu juger lui-même de l'état d'esprit de l'Empereur. Le maréchal avait failli périr, comme Poniatowski, noyé dans l'EIster; il venait de faire, pour gagner à Markranstadt le grand quartier général, trois lieues à pied, ruisselant d'eau, frissonnant; il arrive; l'Empereur était assis près d'une table, les yeux sur la carte, la tète appuyée sur une main; la chambre était remplie de généraux et d'officiers. Macdonald fait en pleurant, oui, en pleurant, le récit de ce qa'il vient de voir et d'entendre, ses soldats, sur l'antre bord de l'EIster qu'ils ne peuvent franchir, criant, implorant : < Monsieur le maréchal, sauvez vos soldats, sauvez vos enfants! > Quelle scène I tous les assistants sont émus; seul, l'Empereur est impassible : < Allez TOUS reposer »; il ne dit pas autre chose, c Je sortis indigné de cette indifférence », ajoute Macdonald.