LXIV INTRODUCTION
Était-ce vraiment indifTérence? Non, c'était affaissement. Quelques jours après, à Erfurt, l'Empereur le fait appeler; en arrivant au château, Murât le prévient que l'Empereur veut faire reconnaître par lui une bonne position défensive, de manière qu on puisse faire un
arrêt de quatre ou cinq jours. « F I dit en jurant le
roi de Naples, si vous en trouvez une, trouvez-la mauvaise; autrement, il achèvera de se perdre avec nous. — Soyez tranquille, lors même qu'elle serait excellente, je lui dirai mon sentiment sur notre situation, t II entre; l'Empereur lui donne en effet la mission dont Murât l'a prévenu. « Songez-vous sérieusement à vous arrêter ici? Dans la désorganisation, et, puisqu'il faut appeler les choses par leur nom, la démoralisation où sont les troupes, vous n'en tirerez aucun parti. Il faut gagner le Rhin au plus vite; d'ailleurs, la plus grande partie des hommes s'y dirige en désordre. — Cependant, on m'a rapporté qu'on en avait arrêté un grand nombre et formé une quinzaine de bataillons. — On vous flatte et on vous trompe. Vous ne devez compter que sur votre garde, et craignez qu'elle ne soit entraînée par l'exemple, comme dans la dernière campagne. > Il y avait, dans la chambre où s'était engagé ce colloque, trois témoins attentifs, deux secrétaires et le duc de Bassano; ils avaient cessé d'écrire. Celui-ci, la plume entre les dents, les bras croisés, regardait fixement Macdonald, stupéfait, confondu; jamais il n'avait entendu parler au maître avec cette fermeté franche, c Eh bien! dit le maître, nous partirons demain. — Ce sera encore trop tard. >