INTRODUCTION LXV
On partit le lendemain; le 30 octobre, au matin, on était en vue de Hanau; l'armée bayaroise du général de Wrède barrait la route. Macdonald faisait Tavant-garde; il délogea l'ennemi d'un bois, mais lui-même n'en pou- Tait pas déboucher ; sa petite troupe déployée, dispersée en tirailleurs, faisait, comme en Silésie naguère, la toile d'araignée; il fallait du renfort; il en envoya demander, on ne lui envoya rien; alors il prit le parti d'en aller demander lui-même; il n'y avait pas plus d'un quart de lieue à faire. 11 exposa vivement à l'Empereur la situation critique de l'avant-garde, et l'Empereur lui répondit placidennent : t Que voulez-vous que j'y fasse? je donne des ordres et l'on ne m'écoute plus. — Mais remarquez que notre situation n'est pas ordinaire; il faut forcer le passage et envoyer, sans perdre un instant, tout ce que vous avez de disponible. Votre garde, pourquoi n'est-elle pas en marche? Dans peu, nous serons tous f... si elle n'arrive pas pl*omptement. — Je n'y puis rien. » f Et autrefois, ajoute Macdonald, d'un signe, d'un geste, d'une parole brève, tout s'ébranlait; autrement il eût fait feu des quatre pieds t > Cependant l'Empereur appela le major général et fit marcher quatre bataillons de chasseurs. Quelque temps après, il arriva lui-même avec le reste de la garde. < Peut-on voir sans danger, demanda-t-ii à Macdonald, la position de l'ennemi? — Sans danger, non, mais il faut risquer. — Eh bien! allons ! > Presque au même instant, un obus éclata près de lui, d'ailleurs sans blesser personne; aussitôt il 8'arrêta, mit pied à terre, et de tout le jour il n'y eut pas