LXX INTRODUCTION
fallut sortir et se diriger vers la Marne. Ils rejoignirent à Saint-Dizier TEmpereur, qui se remit incontinent à la recherche des alliés; on ne les trouva pas. Qu'ëtaient-ils devenus? Évidemment, après un temps d'arrêt et une certaine hésitation, ils avaient repris la direction de Paris. En se portant sur leurs derrières, l'Empereur s'était flatté de leur faire peur et de les contraindre à rétrograder; son espoir était déçu; quelque diligence qu'il pût faire, il était impossible de les devancer, et ce n'étaient pas les faibles corps de Marmont et de Mortier qui seraient capables de défendre victorieusement Paria contre des forces si considérables.
Macdonald était d'avis de jouer le tout pour le tout» et, puisque l'Empereur avait voulu manœuvrer vers l'est, de s'y enfoncer jusqu'au fond : t A votre place, disait-il, je me rendrais en Lorraine, en Alsace; j'en réunirais les garnisons, je ferais une guerre à mort sur les derrières de l'ennemi, coupant ses communications, interceptant ses convois, ses renforts. > La présence de l'Empereur dans les Vosges en eût fait descendre dea milliers de bons tireurs; plus tard le tsar Alexandre avouait, par deux fois, à Macdonald, que, dans cette région, les alliés avaient perdu plus de trois mille hommes , sans qu'on eût vu un seul soldat français. Le projet d'Alsace n'eut pas de suite, et l'Empereur se hâta vers Paris.
c J'arrive enfin, dit Macdonald, au terme de cette lutte désespérée; notre longue agonie militaire et politique va finir par un coup de tonnerre. >