‹ Souvenirs du Maréchal Macdonald, duc de TarenteChapitre 7 sur 262 · INTRODUCTION VII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION VII

de 1793, il se trouvait en congé à Paris, lorsque Beurnonville, devenu ministre de la guerre, le nomma colonel du régiment de Picardie; colonel à vingt-huit ans, et colonel de Picardie, le premier des quatre vieux corps, la tête de l'infanterie française! Il y avait, a-t-il dit luimême, de quoi satisfaire l'ambition la plus effrénée; mais la fortune allait lui devenir tout à coup moins souriante, et son sort, comme il a dit encore, ne tint, pendant un moment, qu'à un fil. Dumouriez, battu à Nerwinde, Dumouriez devenu suspect faillit l'entraîner daDS sa chute, en même temps qu'il perdait l'appui de Beumonville, livré aux Autrichiens par Dumouriez. Ce ne fut qu'un éclair; mais l'orage ne cessa pas de gronder sur sa tête avec des lueurs menaçantes. Des commissaires de la Convention se succédaient à Lille, tous avec des préventions contre le colonel de Picardie, tous excités par des dénonciations, des accusations, des animosités jalouses. Cependant il continuait son service, avec le même zèle, le même entrain et le même succès. Vint ce qu'il appela lui-même le coup de foudre; le croirait-on? ce fut sa promotion au grade de général de brigade, promotion faite par le général en chef Houchard et confirmée, le 26 août 1793, par les représentants du peuple Levasseur et Bentabole. « Ce fut, a-t-il dit, un coup de foudre, quoique depuis plusieurs mois j'en eusse rempli les fonctions, mais au moins je n'avais pas la responsabilité du grade; je représentai ma jeunesse , mon inexpérience; rien ne fut écouté; il fallut subir mon sort, sous peine d'être traité comme suspect et arrêté. »

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