‹ Souvenirs du Maréchal Macdonald, duc de TarenteChapitre 74 sur 262 · LXXXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXXXVI INTRODUCTION

meilleur succès. • Où Votre Majesté compte-t-elle se retirer, dans le cas où elle serait forcée d'abandonner momentanément sa capitale? > avait-il demandé la première fois qu'il était venu aux Tuileries ; cette idée ne s'était pas encore présentée à l'esprit de Louis XVIII ; il en tressaillit de surprise : < Mais nous n'en sommes pas encore là? — Non, mais dans cinq ou six jours. Votre Majesté devrait connaître l'activité de Napoléon. — Je compte beaucoup sur le maréchal Ney ; il m'a promis de se saisir de lui et de l'amener dans une cage de fer. Je réfléchirai. » Le lendemain, Macdonald renouvela la question ; le Roi répondit sans hésitation : c Dans la Vendée. — Si Votre Majesté prend cette direction, tout sera perdu. Vous y serez poursuivi; on bloquera les côtes ; toute retraite deviendra impossible. Rendez-vous plutôt en Flandre; Lille ou Dunkerque vous ofl'rent toute sûreté; vous y établirez votre gouvernement. — Je goûte assez vos observations; attendons les nouvelles ultérieures. > Les nouvelles arrivèrent de plus en plus menaçantes; Napoléon était à Fontainebleau.

Dans la nuit du 19 au 20 mars, Louis XVIII sortit clandestinement des Tuileries et prit la direction du nord. Le lendemain Macdonald attendit vainement à Saint-Denis les troupes qui avaient ordre de s'y rassembler; elles ne vinrent pas. Il se mit alors en route pour rejoindre Louis XVIII; laMaison du Roi cheminait péniblement; la queue de la colonne s'allongeait; cette marche décousue avait un air de déroute. Le Roi, qui avait pris les devants, s'était arrêté dans Abbeville; le

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