‹ Souvenirs du Maréchal Macdonald, duc de TarenteChapitre 80 sur 262 · XCVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XCVI INTRODUCTION

crimes; Tarmée n'y a point participé; jamais elle n'a regardé derrière elle, toujours en face de Tennemi, elle déplorait les excès de l'intérieur. Comment n'adoreraisje pas la Révolution? C'est elle qui m'a grandi, élevé; sans elle aurais-je aujourd'hui l'honneur de déjeuner à la table du Roi, à côté de Votre Altesse Royale? > Monsieur, qui s'était remis et avait repris sa belle humeur, lui frappa sur l'épaule, en disant : c Ehi vous avez bien fait; j'aime cette franchise. • Voilà l'homme..

Camille Roussrt.

Septembre 1891.

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DU

MARÉCHAL MACDONÂLD

Gourcelles-Ie-Roi» 16 mai 1825.

U me vient à l'idée de commencer cette notice pour vous, mon fils, sans m'inquiéte'r de savoir quand elle finira; n'importe, je me mets à l'ouvrage, n'ayant pour secours et pour aide que mes souvenirs. Je laisse courir ma plume et je trace ces lignes, comme vous le remarquerez, dans le style le plus familier et le plus simple. La vérité n'a nullement besoin d'ornements, et d'ailleurs je ne compose point cet écrit pour le public; il ne doit jamais voir le jour. Je me hâte beaucoup, par l'habitude de ne pas compter sur le lendemain; et d'ailleurs mon retour à Paris n'est pas éloigné, et je n'y aurai pas le loisir de continuer ce travail, projetant un voyage de six semaines à deux mois pour voir les trois royaumes de l'Empire britannique que je ne connais point, et visiter le lieu de naissance de mon père aux îles Hébrides.

Paris, 1*' juin 1825.

Vous et ma famille serez étonnés vraisemblablement» et avec toute raison, de ne trouver dans mes papiers jusqu4ci aucun récit particulier de mes campagnes, pas même un journal chronologique; je vous dois à ce sujet des explications.

Il y a une vingtaine d'années, j'avais tous les loisirs nécessaires, attendu que je n'étais pas employé (1), mais j'avais depuis peu fait l'acquisition de Courcelles ; c'était la première fois que je possédais une terre bâtie, et il était tout naturel que j'en goûtasse les charmes. Muni de livres d'agriculture, j y trouvai des jouissances qui m'étaient inconnues; j'oubliai mes papiers enfermés dans une caisse, et tous mes beaux projets d'écrire ma vie militaire furent abandonnés provisoirement. Si le ciel prolonge ma malheureuse existence, j'intercalerai dans ce récit la succession de ma carrière militaire et les grades par où j'ai passé. Quant aux événements, ils sont relatés dans tous les écrits du temps; mais méfiez-vousen, surtout en ce qui me concerne, car les histoires, relations, notices biographiques, doivent se ressentir de nos troubles passés et par conséquent des passions qui agitent les hommes et de l'esprit de parti; mais l'impartiale histoire vengera ceux qui en seraient les victimes.

Je n'ai jamais rien eu à me reprocher, ni à rougir d'aucune circonstance de ma vie; j'ai reçu un nom sans tache que je vous transmets et que sans doute vous conserverez pur. Ma conscience, dans cette longue vie si agitée, ne me reproche rien, parce que j'étais toujours

(1) Après le procès de Moreau, dans lequel on avait essayé inutilement et injustement de l'impliquer, Macdonald demeura cinq années en disgrâce; il no fut rappelé à servir qu'on 1809.

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