INTRODUCTION IX
saires extraordinaires furent opinément rappelés de Dunkerqne à Paris, sans repasser par Lille, et pour cette fois encore il fut sauvé.
Nouveaux commissaires, nouvelle alerte; un décret de la Convention bannissait à trente lieues des frontières, des armées et de Paris, tous les ci-devant nobles. Pichegru venait de prendre le commandement de l'armée du Nord; il savait que Macdonald était un excellent ofBcier; il demanda qu'il fût excepté personnellement de la mesure. Les commissaires tournèrent la difficulté en le mettant en réquisitiob. Macdonald réclama d'eux une réquisition écrite; autrement, disait-il, en cas de revers, on ne manquerait pas de l'accuser de mauvais desseins, de trahison même, pour être resté à Tarmée, au mépris du décret d'expulsion. On lui refusa la réquisition écrite : € Eh bien f s'écria-t-il,je vais me retirer. — Si tu quittes, nous te faisons arrêter et mettre en jugement. • Il resta donc entre deux menaces de mort. Il avait, sans s'en douter, un protecteur à Paris; c'était le représentant Isoré, qui l'avait vu à l'œuvre sur la frontière : Macdonald était un nom étranger ; il n'était pas précédé de l'odieuse particule; donc, celui qui le portait ne pouvait être compris ni compromis parmi les ci-devant nobles; telle fut l'argumentation d'Isoré, qui lui écrivit : « Ta naissance ne m'est pas suspecte; tu es venu dans le bon temps; il n'y a pas d'âge plus révolutionnaire que le nôtre et les preuves sont pour toi. J'ai vu le ministre de la guerre et j'ai détourné l'orage qui grondait sur toi. Sois tranquille, travaille comme à l'ordinaire; si on te