‹ Souvenirs du MidiChapitre 11 sur 34 · ORGANISATION DE L» ESPAGNE · texte numérisé non relu

ORGANISATION DE L» ESPAGNE

on les a prodiguées , prouve plus qu^ii ne serait ne* cessaire, que rien ne peut remplacer chez rhorame le mérite personnel ou l'expression naturelle de sa dignité. Au milieu de tant de personnes remarquables , couyertes de broderies et des brillans insignes de huit ou dix ordres différens, combien l'apparence des grandes capacités intellectuelles et des sentimens élevés ne se fait-elle pas désirer! Au temps pascal , le roi sert à dîner à un certain nombre de pauvres dans une des salles du palais à Madrid : tous les grands de la cour sont occupés à apporter les plats nombreux destinés à figurer dans cette cérémonie édifiante. Le dirai-jel elle perdait tout caractère imposant par le concours de tels auxiliaires. Absorbés par ces simples fonctions, trop en rapport avec la portée de leur esprit et les traits de leur figure , tout entiers à l'office de maître-d'hôtel, on ne voyait en eux aucune intelligence de reste. Est-ce donc là ce que doivent être les premiers honunes d'une nation?

On pourrait donc , sans trop s'en formaliser , laisser les grands et les nobles payer au souverain, ou, pour mieux dire, à leur amour*propre, des média annatasy au moment de la création des titres ou à chaque mutation du titulaire , et des lamas, tous les ans (44) • Cette contribution presque volontaire des grands, moins ruineuse pour eux que la loterie pour le peuple , n'en est pas plus raisonnable , puisqu'ils ne peuvent y rien gagner : leurs majorats sont bien autrement intolérables aux yeux de la raison , quoiqu'on ak Juré récemment de les maintenir ou de ne faire. aucun changement aux lois fondamentales et réglementaires du royaume. Pour concevoir les mo-

PRËPONDÉBANCE DU CLERGE. 99

tifs d'uu pareil engagenoent pris h la face de l'Europe, à une époque assez avancée du dix-neuvième siècle,, il est nécessaire de savoir si le souverain qui parle ce langage est libre dans ses déterminalions , et si, soit ^a/att/<?,oucelledescirconstances, il ne se trouve pas sous l'influence d'une force majeure : c'est ce qui résultera , j'espère, de l'examen rapide que nous allons faire de la prépondérance que le clergé a ac-^ quise , et tend de toutes ses forces à conserver en JËspagne.

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